La semaine dernière, Gianni Infantino exposait un projet de vente des parts de la Coupe du monde à des sociétés privées par le biais de son FIFA Forward Enterprise. Une initiative qui a trouvé très peu d’adeptes dans le paysage du football mondial au point où une fronde s’est dressée jusqu’à l’abandon annoncé par le président de la FIFA. Arsèen Wenger, directeur du développement du football mondial de l’instance, a pris la parole.

La Coupe du monde 2026, la première sous le nouveau format à 48 sélections, est la plus lucrative et la plus rentable de l’histoire. Elle a généré pas moins de 15 milliards de dollars sur le cycle 2023-2026 et environ 9 milliards de bénéfices. Mais ce n’est pas suffisant pour son grand patron Gianni Infantino. Le président de la FIFA a présenté il y a une semaine le FIFA Forward Enterprise, une proposition pour mettre en place une vente des parts du Mondial à des sociétés privées afin de reverser l’argent dans divers domaines dont la formation aux quatre coins du globe. « FIFA Forward Enterprise est en réalité une proposition, une offre. Elle s’inscrit dans un processus démocratique, un processus de consultation. Et surtout, c’est une opportunité, pas une obligation.(…) Nous sommes donc convaincus que la proposition de la FFE permettrait de libérer tout le potentiel de ce sport à travers le monde que ce soit chez les hommes, les femmes ou les jeunes. C’est une occasion unique d’accélérer le développement du football à l’échelle mondiale. Mais encore une fois, il ne s’agit que d’une proposition et non d’un engagement ».
«Aucune équipe nationale de l’UEFA ne participera à aucune compétition de la FIFA tant que ces propositions resteront d’actualité»
Cette proposition inédite de la part de Gianni Infantino n’a pas été bien reçue de la part des différents acteurs du football. Que ce soit le président de la FFF en la personne de Philippe Diallo, le patron de l’UEFA Aleksander Čeferin, le désormais ex-conseiller d’Infantino ayant démissionné Carlos Cordeiro, tous se sont opposés à ce projet de vente de la Coupe du monde. L’UEFA est allée jusqu’à menacer la FIFA de la non-participation des sélections européennes et des clubs du continent aux prochaines compétitions organisées par l’instance phare du football mondial tant que ce processus serait envisagé. « La position de l’Europe est claire. Nous n’accorderons jamais notre légitimité à ce modèle. Personne n’a l’autorité morale de vendre ce dont il n’est que le dépositaire pour la prochaine génération. À la suite de la discussion d’aujourd’hui, aucune équipe nationale de l’UEFA ne participera à aucune compétition de la FIFA tant que ces propositions resteront d’actualité, à moins que celles-ci ne soient abandonnées dans leur intégralité et que des garanties fermes ne soient données quant au fait que la FIFA n’ouvrira plus jamais sa gouvernance ou ses compétitions à la propriété privée ».
«J’ai pris connaissance de ce projet pour la première fois par le biais des médias»
Arsène Wenger occupe depuis l’automne 2019 la position de directeur du développement du football mondial pour la FIFA. Sa grande révolution sur le hors-jeu, la « loi Wenger » qui consiste à sanctionner un attaquant en position illicite lorsqu’il aura intégralement dépasser l’avant-dernier joueur adverse a déjà été utilisée au printemps dernier pendant un match de Premier League canadienne entre les Halifax Wanderers et le Pacific FC, a été son projet phare des dernières années. Pour ce qui est de la proposition de vente, il l’a appris dans les médias comme révélé par le biais d’un communiqué. « Les événements récents au sein de la FIFA méritent quelques éclaircissements de ma part. À la FIFA, j’occupe le poste de responsable du développement mondial du football. Avec mon équipe, je supervise l’analyse des données relatives au jeu, le centre de formation en ligne de la FIFA, le développement de la formation des jeunes à travers 60 centres de formation répartis dans 60 pays où les besoins sont les plus importants, ainsi que les compétitions juniors à travers le monde. De plus, je suis conseiller technique auprès de l’IFAB. Je n’ai pas participé à l’élaboration de ce plan stratégique et j’ai pris connaissance de ce projet pour la première fois par le biais des médias ».
«La décision d’abandonner ce projet était absolument nécessaire et incontestable»
Aux yeux d’Arsène Wenger, la décision de Gianni Infantino d’abandonner ce projet de vente de parts de la Coupe du monde est primordiale tant il s’y opposait formellement. « La décision d’abandonner ce projet était absolument nécessaire et incontestable, car je crois fermement en une FIFA indépendante qui sert notre sport avec engagement, transparence et intégrité ». Reste à savoir si ce feuilleton est définitivement enterré et quelques répercussions il aura sur la présidence de la FIFA à un an des élections.