Avant de rejoindre les Girondins de Bordeaux, puis la Juventus et le Real Madrid, Zinedine Zidane s’était révélé à l’AS Cannes. Celui qui en était alors l’entraîneur a raconté le moment où il l’a vu jouer pour la première fois. Le Ballon d’Or 1998 était venu faire un essai pour trois jours, mais le technicien en question a demandé immédiatement sa signature.

Après avoir joué à Béziers, à l’OM et à Bordeaux, Jean Fernandez finissait sa carrière de joueur à l’AS Cannes en 1984, dont il devenait l’entraîneur un an plus tard. C’est donc lui qui était à la tête de l’équipe première quand un certain Zinedine Zidane est venu faire un essai. Un moment qu’il racontait auprès de Nice-Matin en janvier 2023.
« Il possédait le même toucher de balle qu’à la Juve ou en équipe de France des années plus tard »
« Un jour, à Cannes, je finis l’entraînement des pros et Monsieur Varraud, un ancien recruteur qu’on ne présente plus, m’arrête sur le chemin. "Jeannot, j’ai repéré un jeune avec une sélection régionale du côté de Marseille. Il y avait tous les recruteurs des clubs de D1 et D2. Eux ne l’ont pas vu, et moi je n’ai vu que lui. Il faut que tu viennes l’observer". Je me rappelle comme si c’était hier. Zidane était là pour trois jours, mais monsieur Varraud, pour qui j’avais un immense respect, voulait que je le voie tout de suite. Ok. Je pars sur le terrain des Mûriers 2. Là, j’aperçois une tige. Longiligne. Fin. Mais quand il touchait le ballon, la lumière s’allumait. Un choc. Il n’avait pas 15 ans, mais il possédait le même toucher de balle qu’à la Juve ou en équipe de France des années plus tard. Un phénomène. Contrôles, feintes, dribbles, frappes, ouvertures. Je n’avais jamais vu ça », confiait Jean Fernandez.

« J’ai attrapé monsieur Varraud : "Lui, il faut qu’il signe maintenant »
Pour lui, il n’y avait aucun doute, l’AS Cannes devait signer Zinedine Zidane : « J’ai attrapé monsieur Varraud : "Lui, il faut qu’il signe maintenant. Pas besoin d’attendre 3 jours." A 16, 17 ans, il montait chez les pros. Pour sa première licence stagiaire, il y avait ses parents dans la pièce. Le papa, me dit : "Monsieur Fernandez, je peux vous parler ? Vous pensez que Yazid va réussir dans le football ?" Je lui ai répondu : "Pas d’inquiétude Monsieur Zidane. Il réussira grâce à ses qualités de joueur et à l’éducation que vous lui avez donnée". Je n’oublierai jamais le regard plein de fierté et d’émotion de cet homme. Avec mon épouse, nous passons quatre semaines par an en Espagne. On a été reçus par Yazid à Madrid quand il entraînait le Real. J’ai assisté à ses entraînements. Il me présentait comme son premier coach. Zidane a tout réussi : sa vie de joueur, d’entraîneur et d’homme. »