Depuis une vingtaine d'années, les clubs français peuvent s'assurer sur les résultats sportifs de leur saison. Un système dangereux pour leurs finances, déjà bien mal en point.

Depuis les années 80, les clubs de football professionnel ainsi que les fédérations nationales peuvent parier sur les résultats sportifs de leur équipe. Un phénomène initié en Angleterre, qui s’est propagé dans toute l’Europe et a débarqué en France. Dans le jargon, le terme utilisé n’est pas "parier" mais "souscrire une assurance en risques sportifs" ou une "assurance résultats". Des sociétés d’assurance proposent donc à chaque début de saison, aux clubs professionnels de Ligue 1, Ligue 2, voire National, de s’assurer contre différents scénarios possibles, allant du titre de champion au maintien, en passant par une qualification en Coupe d’Europe ou une victoire en Coupe de France… Une façon d’anticiper les éventuelles dépenses liées à leur future saison. Que ce soit en termes de primes à verser (match, qualification européenne) ou de pertes financières (relégation, droits TV moins importants). Sport Couverture et Conseils (SCC) est l’une des principales sociétés de courtage qui œuvre sur le marché français, depuis 1999. Elle est basée à Genève, dirigée par un ancien joueur professionnel suisse, Jean-Pierre Bula, et représentée en France par Bernard Pezelet depuis 2007.
Cotation fixée par les Lloyd’s Ainsi, si un club pense qu’il peut décrocher le titre de champion de France en début de saison, il peut souscrire une assurance, par exemple à hauteur d’un million d’euros, pour s’épargner le paiement de sa poche des futures primes des joueurs et du staff technique (pour le titre et aussi la qualification en Ligue des champions). Comme dans n’importe quel système d’assurance, le club devra au préalable verser un pourcentage défini par les Lloyd’s à Londres, le marché des assurances. Ce sont eux qui fixent les cotations des clubs, en fonction de leur notoriété et de leurs résultats sportifs antérieurs, qui décident ou non si le club est assurable et bien sûr du pourcentage de la prime à verser.
Lyon inassurable dans les années 2000 A titre d’exemple, lors de ses sept années de domination du championnat de France, Lyon était quasiment inassurable pour un titre de champion. Son pourcentage devait tourner autour de 95 %. Comprenez, verser 950 000 euros pour récolter 1 million d’euros en cas de victoire effective. Sans intérêt pour le club et trop risqué pour l’assureur. Plus le club est prestigieux et plus le pourcentage sera élevé. Plus le risque est grand pour l’assureur et plus le pourcentage sera élevé. Arles-Avignon aurait, par exemple, eu un pourcentage très élevé s’il avait voulu s’assurer contre une relégation en L2...
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