Tenus en échec (1-1) par la Tunisie en match amical, les Bleus n'ont pas apporté beaucoup de garanties sur leur fond de jeu. Le principal chantier de Raymond Domenech, encore et toujours d'actualité, reste la faiblesse de sa charnière centrale.

Si comme contre le Costa Rica, les Bleus sont parvenus à revenir au score, preuve d'une belle force mentale, ils n'ont pas vraiment apporté de réponses aux incertitudes qui planent sur leur capacité à être performants et équilibrés. Principalement défensivement, le mal récurrent de l'équipe de France depuis des années.
Une défense aux abois Pris à la gorge dès l'entame de la rencontre, la défense tricolore a plié sur l'une des premières offensives tunisiennes, conduisant au but de Jemaa (6'). Mais aurait pu le faire à maintes reprises. Dépassés par la vitesse et la percussion des attaquants tunisiens, la défense française a fait preuve d'un étonnant laxisme au niveau du marquage, d'un sens de l'anticipation et d'une lecture du jeu proches du néant. William Gallas et Eric Abidal en tête.
Abidal n'est pas un défenseur central Ces deux là ne font décidément pas la paire et ont tout fait sauf nous rassurer à quelques jours de l'ouverture de la Coupe du monde. Le défenseur barcelonais n'a pas les réflexes d'un défenseur central et excelle défensivement uniquement dans le marquage strict, qu'il ne peut pratiquer avec cette défense en zone. Sa vitesse ne fait pas non plus fureur et comme contre le Costa Rica, un coup de rein ou une feinte suffit à le dérouter. Le constat est identique pour William Gallas dont l'expérience ne pourra pas éternellement cacher ses lacunes actuelles. Son insuffisance physique le gêne d'ailleurs considérablement dans le timing de ses sauts, comme dans son anticipation. Et que dire de la couverture mutuelle... à part qu'elle n'existe pas.
Diaby, seule satisfaction Heureusement pour eux, la déferlante blanche n'a duré qu'un quart d'heure, les Bleus reprenant ensuite le contrôle du match avec un Toulalan omniprésent et un Ribéry toujours aussi percutant (l'antithèse de Govou, à droite). Mais les Bleus ont cruellement manqué de rythme, de motivation et de créativité pour faire basculer le match en leur faveur. Comme souvent ils ont tourné autour de la défense tunisienne, à la manière de handballeurs. La profondeur de jeu fait d'ailleurs cruellement défaut à cette équipe alors qu'elle possède dans ses rangs des joueurs qui s'en délectent à merveille (Anelka, Ribéry, Gignac, Henry, Cissé...). La lumière est donc venu d'un énième coup de pied arrêté remarquablement tiré par Yoann Gourcuff pour William Gallas (62'). Mais surtout de l'entrée en jeu d'Abou Diaby, que Domenech ferait bien de ne pas laisser trop longtemps sur le banc. A l'instar peut-être de Squillaci et Planus, entrés en seconde période en charnière centrale, et bien plus convaincants que la paire Gallas-Abidal. A moins de ne faire reculer Toulalan d'un cran.