Ils sont 22 à avoir remporté la première Coupe du monde de l’histoire du football français en 1998. Mais ce sacre a eu un goût amer pour certains joueurs, privés de ce moment. C’est le cas de cet ancien international français, évoquant un « moment difficile » provoqué par Aimé Jacquet.

Zinedine Zidane, Bixente Lizarazu, Didier Deschamps ou encore Thierry Henry sont entrés dans l’histoire du football français en remportant la Coupe du monde un soir de juillet 1998 après un match resté dans les mémoires contre le Brésil (3-0). Ils sont 22 à avoir décroché de Graal, mais d’autres joueurs auraient pu prétendre à une place dans le groupe. À quelques semaines du début de la compétition, Aimé Jacquet avait écarté six joueurs : Ibrahim Ba, Sabri Lamouchi, Martin Djetou, Lionel Letizi, Nicolas Anelka et Pierre Laigle. Ce dernier, interrogé par L’Équipe en février dernier, est resté marqué par cet épisode.
« Un moment difficile »
« J'aurais aimé jouer cette Coupe du monde 98, confie l’ancien joueur du RC Lens lorsqu’on l’interroge sur le plus grand regret de sa carrière. Je me suis blessé quatre jours avant le match d'inauguration du Stade de France avec les Bleus contre l'Espagne (1-0, le 28 janvier 1998). Mon épaule est sortie lors d'un décrassage avec la Samp'. J'ai dû déclarer forfait. Un coup d'arrêt. Je ne suis revenu dans le groupe qu'en avril, mais sans jouer... Et il y a eu ce jour à Clairefontaine où Aimé Jacquet me tape sur l'épaule : "Ce soir rendez-vous dans la chambre." On était six. Un moment difficile ».

« Au début, Aimé Jacquet, je ne voulais plus en entendre parler… »
« On m'en reparle à chaque fois que des listes sont données avec les réservistes, poursuit Pierre Laigle. J'étais malgré tout content que l'équipe gagne parce que je suis français avant tout. Après, j'ai participé aux matches de bienfaisance de France 98, même si, au début, Aimé Jacquet, je ne voulais plus en entendre parler... Mais je ne me sentais pas à ma place. Je prenais du plaisir à y aller jusqu'au moment où j'ai dit stop. Ils ont des souvenirs, ça ravive les miens. C'était leur moment. »