Le geste dont n’est «pas fier» Zinédine Zidane qui a rendu fou Didier Deschamps
Bernard Colas -
Journaliste
Passionné de sport, de cinéma et de télévision (à l’écran comme derrière) depuis son enfance, Bernard est journaliste pour le 10 Sport depuis 2018. Plus habile clavier en main que ballon au pied, il décide de couvrir principalement un sport adulé, critiqué et détesté à la fois (le football) et un sport qui n’en est pas un (le catch).

Comme prévu, Zinédine Zidane a officiellement pris la succession de Didier Deschamps en tant que sélectionneur de l’équipe de France. La relation entre les deux hommes a parfois été marquée par une certaine distance. En 1998, l’ex-meneur de jeu avait notamment suscité la colère de son coéquipier avec un geste qu’il regrettait encore deux décennies plus tard.

Nommé à la tête de l’équipe de France, Zinédine Zidane a officiellement succédé à Didier Deschamps. Les deux hommes se connaissent très bien après leur passage commun chez les Bleus mais aussi à la Juventus et ont un respect mutuel. « Je voulais féliciter DD et tout son staff pour ces 14 années, confiait Zizou lors de sa présentation devant la presse. Bravo pour tout ce que tu as fait, tout le monde est reconnaissant de ton travail. Maintenant, quelque chose de nouveau va s’ouvrir mais toujours avec le même objectif : voir l’équipe de France gagner. »

Zidane rappelé à l’ordre par Deschamps en direct

Les deux hommes entretiennent néanmoins une relation complexe. Une cassure a notamment eu lieu en 2012 lorsque Laurent Blanc avait laissé sa place à Didier Deschamps, accusé par une partie de la bande de 1998 d’avoir trahi son ancien coéquipier. Un sentiment partagé par Zinédine Zidane.

Bien avant cet épisode, l’expulsion du numéro 10 lors du deuxième match des Bleus face à l’Arabie saoudite au Mondial 1998 avait notamment rendu fou Didier Deschamps. « Zinédine, c’est impardonnable, avait lâché l’ex-capitaine tricolore devant les caméras après avoir vu son coéquipier s’essuyer ses crampons sur un joueur saoudien. On sait que c’est un joueur impulsif mais bon, il va nous condamner sur deux ou trois matches. Je pense qu’il va les prendre. Sachant l’importance qu’a Zidane dans notre jeu, c’est vrai que c’est un atout important que l’on perd. » Une déclaration que n’avait pas appréciée ZZ comme le rappelait récemment L’Équipe. DD s’était rapidement excusé.

Deschamps s’en était voulu

« Je sais, je m’en suis voulu, avait-il reconnu en 2018 dans le documentaire 98 - Secrets d’une victoire. Mais j’ai fait des erreurs moi aussi. Pourtant, j’ai toujours eu l’habitude d’être sous total contrôle, mais là, ça m’a tellement énervé de le voir faire ça. Et qu’on n’allait pas l’avoir pour la suite. Vu la faute, ça pouvait être assez grave. Je me rappelle avoir eu ses propos que je regrette et qui étaient déplacés. A peine arrivé à Clairefontaine au retour, il avait été mis au courant. Je l’ai calmé tout de suite, je lui ai dit "zizou excuse moi, j’ai fait une connerie, j’en fais moi aussi. Je n’aurais pas dû". »

« Je prends tout de suite conscience de ce que j'ai fait »

Bien des années après, Zinédine Zidane continuait lui aussi de regretter cette faute. « Je ne suis pas fier, je ne suis pas content, je laisse mes copains, avait-il admis en 2018, dans les colonnes de L’Équipe. Je prends tout de suite conscience de ce que j'ai fait. J'ai eu ce coup de chaud, mais, ensuite, je me dis que je vais louper un match ou deux, je me projette. »

Zidane s’était alors souvenu de la colère d’Aimé Jacquet envers lui : « Il n'est pas content, il a perdu son numéro 10, son leader de jeu. Pour lui, c'est la cata, quoi ! Sa réaction est normale, il ne me regarde pas au moment où je sors du terrain. Il n'est pas content et le restera pendant un jour ou deux. » Le nouveau sélectionneur estimait en revanche ne pas mériter l’expulsion : « Je le pense toujours, même si je ne le lui ai pas dit le jour où on s'est revus. C'est vrai que je fais un geste que je ne dois pas faire, mais, pour moi, ça méritait plus le jaune, car j'avais pris deux, trois boîtes avant. La réaction à chaud n'est jamais très bonne, mais... (Il sourit.) Bon, ce ne sont pas des excuses, je n'ai pas d'excuses. (Il rit.) Comme j'ai la parole, je m'explique... »

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