Coupe du monde 2026 : Il a zappé les Bleus pour une autre sélection, «ça aurait été hypocrite de jouer pour la France»
Bernard Colas -
Journaliste
Passionné de sport, de cinéma et de télévision (à l’écran comme derrière) depuis son enfance, Bernard est journaliste pour le 10 Sport depuis 2018. Plus habile clavier en main que ballon au pied, il décide de couvrir principalement un sport adulé, critiqué et détesté à la fois (le football) et un sport qui n’en est pas un (le catch).

A l’instar d’Ayyoub Bouaddi avec le Maroc, Hannibal Mejbri a préféré porter le maillot de la Tunisie après être passé par les sélections jeunes de l'équipe de France. Interrogé par Onze Mondial, le milieu de 23 ans, présent à la Coupe du monde organisée en Amérique du Nord, s’est justifié.

Né à Ivry-sur-Seine, avant de passer son enfance dans le XXe arrondissement de la capitale et de découvrir le football au Paris FC, Hannibal Mejbri a choisi de porter les couleurs de la Tunisie après avoir pourtant représenté la France chez les moins de 16 et 17 ans. Le joueur de Burnley, présent de l’autre côté de l’Atlantique pour disputer la Coupe du monde avec les Aigles de Carthage, a justifié sa décision auprès du média Onze Mondial.

« La Tunisie ? C'est le pays de mes parents, c'est mon pays, et j'y ai un attachement particulier »

« J’ai pensé à jouer pour la Tunisie très tôt parce que j'ai un amour profond et une connexion indescriptible avec mon pays. J'ai donc tranché rapidement. Je n'ai pas voulu attendre de voir si j'allais avoir ma chance en équipe de France A, a confié l’ancien joueur de l’AS Monaco. C'est une grande nation, qui vise toujours les demi-finales ou la victoire à l'Euro et à la Coupe du monde, et j'aurais pu patienter. Seulement, je trouve que cela aurait été un peu hypocrite de jouer pour la France si je ne ressentais pas la même connexion au fond de moi. Ma relation avec la Tunisie est différente : c'est le pays de mes parents, c'est mon pays, et j'y ai un attachement particulier. Je voulais vite la représenter et je ne regrette pas du tout ce choix. »

« C'est du 50/50, mais quand tu passes tous tes étés là-bas et que tu t'imprègnes de cette culture, ton cœur penche vite d'un côté »

« Je suis originaire d’un quartier populaire du 20e arrondissement de Paris, marqué par une forte immigration. Tous les étés, je partais en Tunisie. À la maison, nous parlons arabe. C'est de là que vient cette connexion. Je ne dis pas que je n'ai pas d'attache ou d'affection pour la France, mais mon amour pour la Tunisie est viscéral. C'est l'amour du pays, l'amour du maillot, poursuit Hannibal Mejbri. Dans notre culture tunisienne, on est très ouverts, accueillants et chaleureux. Chaque été, on trépignait d'impatience à l'idée d'y aller. Et quand il fallait rentrer en France, c'était le retour à la réalité, à l'école ou au travail. C’était une véritable évasion. J’ai énormément d'adjectifs positifs pour décrire la Tunisie. Après, j'aime aussi la France, j'y ai grandi, j'y ai mes amis et j'y ai reçu mon éducation. C'est du 50/50, mais quand tu passes tous tes étés là-bas et que tu t'imprègnes de cette culture, ton cœur penche vite d'un côté. »

Alors que de nombreux binationaux sont confrontés à cette décision importante, Hannibal Mejbri reconnaît qu’il n’est pas simple de trancher : « C'est un choix très difficile, car tu as de l'amour pour tes deux pays. Peu importe ce que tu décides, tu reçois énormément d'insultes, que tu choisisses la France ou la Tunisie. C'est pour cela que c'est une décision que l'on doit prendre seul. C'est un choix du cœur, pas un choix sportif. Il faut bien réfléchir et agir à tête reposée. Je trouve cela malsain de vouloir manger à tous les râteliers ou d'hésiter trop longtemps ; cela ne fait qu'envenimer les choses. Il faut choisir son camp et assumer. Si tu as le cul entre deux chaises, tu n'es clair ni avec toi-même, ni avec le peuple. »

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