Mis sur orbite par un but précoce de Gourcuff, les Girondins ont éliminé l'Olympiakos (2-1) et accèdent aux quarts de finale de la Ligue des champions. C'est la première fois depuis 2004 que deux clubs français se retrouvent à ce stade de la compétition. Que disaient les stats avant le début du match ? 89% des équipes ayant gagné 1-0 à l’extérieur au match aller se qualifient pour le tour suivant. Bordeaux a confirmé la règle en alignant un 7e succès d'affilée en Ligue des champions ! Les Girondins intègrent ainsi le Top 8 de la C1 pour la première fois depuis 1988. Désormais, rendez-vous vendredi pour le tirage des quarts de finale.

Bordeaux a-t-il retrouvé son «esprit de compétitivité» ? Laurent Blanc y tenait et il a aligné son schéma de Ligue des champions, le 4-2-3-1. Entre jouer trop bas et attaquer à profusion, l’équilibre a été respecté. Le but (très) précoce de Gourcuff a aidé à donner de la confiance au groupe mais d’emblée, on l’a senti très concentré sur son sujet. La pression du milieu, orchestré par Plasil et Fernando, a asphyxié les Grecs, pas assez athlétiques. Même sur les contre-attaques de leurs adversaires, les Bordelais, placés très haut, se sont régulièrement retrouvés à 5 contre 4 ou 3 contre 1. Seul un but, refusé pour hors-jeu, a fait frémir Laurent Blanc sur le banc. Très calme pendant une heure, moment où Derbyshire a été expulsé, le Cévenol a déchanté après le superbe but de Mitroglou et l’exclusion de Diarra ! Il s’agit ici du début de la période de flottement de l’équipe girondine, qui a reculé d’un bon cran et a fini le match avec la boule au ventre avant le but salvateur de Chamakh.
Gourcuff a-t-il été à la hauteur ? Complètement. Après deux minutes de jeu, il a parfaitement enroulé un coup-franc excentré pour ouvrir le score avant de faire une bise sur le front de Jean-Louis Gasset. Les «prises à deux» se sont multipliées sur lui, même dans le rond central ! Très en jambes, dans tous les bons coups, il a délivré quelques passes inspirées dont cette talonnade orientée en direction de Chamakh (34e). Son match a été mis entre parenthèses par une douleur sous le genou suite à un contact avec Nikopolidis (38e). Mais, malgré tout, il a été à deux doigts de rentrer le même coup-franc victorieux (de plus loin) en touchant la barre puis le poteau (43e) ! L’ancien Milanais a mis le pied sur le ballon en seconde période pour gérer les temps faibles de son équipe pendant la dernière demi-heure et cavalait encore à un quart d’heure de la fin. Du très bon Gourcuff.
Lamine Sané, porte-bonheur ? Remplaçant de Marc Planus, victime d’une entorse du genou contre Auxerre, Lamine Sané a été associé à Mickaël Ciani pour la quatrième fois cette saison après les matches contre Rodez (1-0 en Coupe de France), au Mans (3-2 en Coupe de la Ligue) et contre Grenoble (3-1 en L1). En défense, il n’a donc toujours pas perdu avec Bordeaux cette saison et a réalisé un match dans la lignée des précédents : impeccable. Malgré quelques relances un peu approximatives, sans gravité.
Diarra a-t-il apporté son savoir-faire habituel ? La sentinelle est de retour. Déjà bouche-trou efficace à Monaco, l’international tricolore a fait valoir ses qualités de redoutable stoppeur et d’excellent relanceur. Un bémol toutefois, il a été l’auteur de fautes inutiles, loin de ses propres buts. Sur l’une d’entre elles, il a même été expulsé (sévèrement) en raison d’un excès d’engagement (68e). En plus de l’égalisation de Mitroglou, il a fragilisé son équipe. Dommage quand on est capitaine et qu'on ratera les quarts de finale.
Deux clubs français ont-ils déjà été présents en quarts la même année ? Oui, c’était en 2004. A l’époque, l’AS Monaco de Didier Deschamps avait alors sorti le grand Real Madrid et l’Olympique Lyonnais de Paul Le Guen avait été éliminé par le FC Porto. L’OL, après son exploit contre les Merengue, accompagnera encore Bordeaux dans cette dernière ligne droite.