16 ans après Knysna, Raymond Domenech fait un aveu : «Je me doutais qu'il allait se passer quelque chose»
Alexis Brunet

En 2010, l’équipe de France se rendait en Afrique du Sud pour disputer la Coupe du monde. Les Bleus n’avaient alors pas brillé, car ils avaient été éliminés dès la phase de poules. L’épisode de la grève de Knysna avait notamment marqué les mémoires et Raymond Domenech, le sélectionneur de l’époque, a fait quelques révélations sur le sujet.

Deux défaites et un match nul, voilà le triste bilan de l’équipe de France lors de la Coupe du monde 2010. Les Bleus n’avaient pas passé la phase de poule et l’affaire Domenech-Anelka avait également beaucoup fait parler. L’attaquant avait été accusé notamment par L’Équipe d’avoir insulté son sélectionneur à la mi-temps du match contre le Mexique.

« Tu sens qu’il y a quelque chose »

Afin de soutenir Nicolas Anelka, qui avait été expulsé de l’équipe de France, les Bleus avaient décidé de faire grève lors de l’entraînement. Une décision que Raymond Domenech avait en quelque sorte un peu vue venir, comme il l’a expliqué au média Offense. « Comment on peut expliquer ça… Le jour de la grève, on est à table à midi, et tu sens le climat. Tu sens qu’il y a quelque chose, qu’ils te regardent, et qu’il va se passer quelque chose. Je m’assois à table, et je me dis : "J'espère qu’ils ne vont pas me faire la grève de l’entraînement." On rigole tous, parce que ce n’est pas possible… M’imaginer qu’ils n’allaient pas s’entrainer la veille d’un match décisif pour se qualifier… Ils n’étaient pas là-dedans, ils étaient dans leur truc, pris par autre chose. Ils pensaient qu’il y avait une injustice avec Anelka. Ils se sont rebellés contre eux-mêmes […] Quand il y a cette grève, j’aurais dû aller au bout du truc, laisser ma place, les planter là. »

« Ils étaient bloqués »

Cet épisode de la grève de Knysna avait beaucoup fait parler, d’autant plus que l’équipe de France avait encore un match à disputer pour tenter de se qualifier. Selon Raymond Domenech, les Bleus avaient conscience que cela n’était pas une bonne solution, mais il était trop tard. « Les joueurs ont pris conscience des choses petit à petit, car ils étaient au téléphone, et ils ont entendu les gens qui leur disaient qu’il ne fallait pas le faire. Mais ils étaient bloqués, et une fois que tu es dans la connerie, tu y restes… Ils ont oublié qu’ils étaient des joueurs de foot, qu’ils étaient là-bas pour jouer au foot. Ils se sont dispersés sur 1000 autres choses, sur des gamineries… "Je n’ai pas mon bon numéro, lui a dit ça, on a dit ça sur moi." J’avais l’impression d’être dans la cour de l’école. Et ça c’est dur. »

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