Cyclisme - Tour de France : Pogacar ? Les coureurs au bord de la déprime !
Alexandre Higounet

A l'occasion du Tour de Suisse, la démonstration de force incroyable de Tadej Pogacar, qui a littéralement écrabouillé le peloton, a matraqué le mental de ses adversaires à moins de dix jours du départ du Tour de France. Pour certains, foudroyés par la puissance du champion du monde et à la limite du découragement, sa domination est telle qu'il n'y a rien à espérer.

Tadej Pogacar voulait assurément frapper un grand coup la semaine dernière à l'occasion du Tour de Suisse, histoire de calmer les ardeurs de ceux, comme Jonas Vingegaard, qui imaginaient pouvoir le dominer en juillet, ou ceux, comme Paul Seixas, en pleine ascension et déterminés à en découdre avec lui.

« Dès le premier jour, j'ai souvent entendu des coureurs dire : "Je n'ai jamais rien vécu de pareil" »

En écrabouillant la course comme il l'a fait, remportant trois étapes et le classement général avec plus de six minutes d'avance sur le deuxième Richard Carapaz, Tadej Pogacar a marqué les esprits sans doute encore plus qu'ils ne l'imaginaient. A tel point qu'aujourd'hui, le peloton apparaît totalement désabusé, alors que le départ du Tour de France arrive.

« Je pense vraiment que la différence entre les amateurs et moi est la même que celle entre Pogacar et moi »

A l'occasion du podcast In het peloton, deux coureurs néerlandais ont traduit la pensée générale. Sam Oomen, l'un des leaders de Lidl-Trek, a d'abord lancé, dans des propos rapportés par cyclinguptodate.com : « Je me suis entraîné dur, notamment pour supporter la chaleur, avec l'idée d'arriver en assez bonne forme au départ de la course. Lors du GP Gippingen, qui précédait le Tour de Suisse, j'étais dans le coup. Mais sur le Tour de Suisse, c'est comme si j'étais monté sur un ring de boxe : j'ai encaissé des coups. Une équipe, et surtout un seul homme, dominent tellement le reste du peloton qu'on a du mal à concevoir la vitesse à laquelle ils roulent vraiment, même en faisant tout son possible de son côté. Je ne sais pas si "désillusion" est le terme exact, mais c'est le premier qui me vient à l'esprit. Dès le premier jour, j'ai souvent entendu des coureurs se dire entre eux : "Je n'ai jamais rien vécu de pareil" ». Koen Bowman a lui utilisé une analogie pour décrire ce qu'il ressent : « Aux Pays-Bas, chaque club régional organise une course estivale en soirée. Il y en a une chez moi, à Doetinchem ; j'y affronte des amateurs qui sont paysagistes, qui posent du carrelage et déplacent des arbres de sept heures du matin à dix-sept heures. À ce moment-là, j'ai généralement déjà roulé trois ou quatre heures, mais on peut jouer un peu. Ils roulent incroyablement vite, mais si on le veut, on peut les lâcher. Je pense vraiment que la différence entre ces amateurs et moi est la même que celle entre Pogacar et moi ».

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