A moins de deux semaines du départ du Tour de France, Tadej Pogacar s'est arrangé pour assommer tout le monde à l'occasion du Tour de Suisse, qu'il a littéralement écrabouillé. Lors d'une intervention sur RMC, Pierre Rolland, ancien Top 10 du Tour, s'est montré très clair sur la réelle marge de manoeuvre des rivaux du double champion du monde...

C'est dans une dizaine de jours que le Tour de France s'élancera du côté de Barcelone et Tadej Pogacar s'est arrangé, comme il en a l'habitude, pour littéralement matraquer le mental de ses rivaux en écrabouillant le Tour de Suisse la semaine dernière, remporté avec plus de six minutes d'avance sur le deuxième Richard Carapaz et trois victoires d'étape à la clé. Comme si cela ne suffisait pas, le double champion du monde slovène en a remis une couche devant les micros : « Lors du récent stage d'entraînement dans la Sierra Nevada , j'ai testé une ascension sur laquelle je m'étais entraîné l'an dernier. J'avais déjà réalisé un très bon chrono à l'époque et je me souviens m'être dit : « Waouh, je ne pense pas pouvoir aller plus vite un jour ». Cette année, à la fin du stage, juste pour le plaisir, j'ai décidé de réessayer. Au final, j'étais nettement plus rapide que l'an dernier. Donc oui, je dirais que je suis plus fort qu'en 2025. Du moins, en termes d'entraînement ».
« Mon favori ? Je ne vais pas faire preuve d'une grande originalité... »
A l'occasion d'une intervention sur RMC, Pierre Rolland, ancien Top 10 du Tour de France, n'y est pas allé par quatre chemins en évoquant le prochain combat pour le maillot jaune, déclarant dans des propos rapportés par cyclinguptodate.com : « Mon favori ? Je ne vais pas faire preuve d'une grande originalité : Tadej Pogacar. C'est le plus fort, ne nous voilons pas la face ».
« On peut avoir le plus grand mental du monde, si l'on n'a pas la capacité physiologique au départ... »
Pour Pierre Rolland, les dispositions physiques montrées par Pogacar ne laissent quasiment aucune marge de manoeuvre : « Je vais un peu doucher les espoirs de ceux qui s'imaginent qu'il suffit d'avoir un mental d'acier pour y arriver un jour. Avant tout, si l'on n'a pas la génétique adéquate, on finit par se heurter à une limite. On peut avoir le plus grand mental du monde, s'entraîner plus que tout le monde et tout le reste, mais si l'on n'a pas le moteur au départ, on ne peut pas devenir un grand champion du Tour. Au cours de ma carrière, j'avais le mental, mais à un moment donné, je ne pouvais pas aller plus haut car physiquement, je n'en étais pas capable. Je savais qu'au-delà de la septième ou huitième place sur le Tour, je ne pouvais pas faire mieux, car physiquement, c'était impossible ». Et pour Rolland, ce qui rend l'équation Pogacar encore plus impossible à résoudre, c'est qu'outre ses qualités physiques hors-norme, le Slovène s'appuie aussi sur un mental hors-norme : « Un coureur doué, quelqu'un de très, très, très fort, s'il n'a pas le mental, n'optimisera pas tout. Il ne tirera pas 100 % de son potentiel. Il est donc possible que quelqu'un soit aussi fort que Pogacar, mais que ce dernier lui soit supérieur sur le plan mental ».