Cyclisme : « Les motos ont un impact considérable », la phrase choc du boss de Pogacar
Alexandre Higounet

Depuis plusieurs semaines, le débat du positionnement des motos en course, notamment pour les télévisions, est revenu très fort. Pour la plupart des directeurs sportifs, coureurs et anciens coureurs interrogés par la quotidien sportif espagnol Marca, notamment le directeur sportif principal de l'équipe UAE Team Emirates, elles ont une influence considérable sur la course en donnant un abri précieux derrière elles.

Depuis plusieurs semaines, le débat fait rage sur la proximité des motos de télévisions avec le peloton ou un groupe d'échappés, proximité qui fausserait la course du fait de l'aspiration qu'elle offrirait aux coureurs. A l'occasion d'une intervention dans les colonnes de Marca, Joxean Fernandez-Matxin, le directeur sportif principal de l'équipe UAE et de Tadej Pogacar, a confirmé l'existence d'un réel problème.

« Ce n’est pas une question d’opinion, c’est une réalité mathématique et scientifique »

Fernandez-Matxin a ainsi déclaré à Marca : « Ce n’est pas une question d’opinion, c’est une réalité mathématique et scientifique. Des études menées par des ingénieurs comme Bert Blocken ont démontré qu’une moto roulant 5 mètres devant procure une assistance qui se traduit par un gain d’environ 12 secondes par kilomètre. Si l’UCI exige que les voitures restent à 25 mètres derrière lors des contre-la-montre en raison de l’influence de leur aspiration, il est évident qu’une moto à moins de 10 mètres devant a un impact considérable. Lorsqu’un cycliste est à 99,9 % de ses capacités, chaque petite aide compte. Nous avons parfois été désavantagés et souvent avantagés, notamment grâce à un coureur comme Tadej Pogacar, qui part de très loin. La dynamique de course reste généralement la même : lorsque l’écart avec le poursuivant est faible, la moto prend de l’avance (avantageant le leader) ; lorsque l’écart est important, la moto se positionne derrière ».

« Je comprends parfaitement le travail des télévisions, le problème survient lorsque cette production influence directement le résultat sportif »

Pour Joxean Fernandez-Matxin, la solution pourrait passer par l'installation d'un système d'alerte dès qu'une moto s'approche à l'avant des coureurs au point de les avantager : « Installer un dispositif laser sur la moto qui marque la distance minimale obligatoire, par exemple 25 mètres, comme pour les voitures… Si le laser touche le cycliste, la moto est trop près. Une autre solution, plus traditionnelle, consiste à ce que les motos ne roulent jamais sur la trajectoire du cycliste, mais du côté opposé au virage, afin de ne pas créer d'aspiration. Je comprends parfaitement le travail des télévisions et des photographes, et leur désir de proposer la version la plus fidèle et spectaculaire possible de la course. Le problème survient lorsque cette production influence directement le résultat sportif ».

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