Cyclisme : Ce coureur qui s'interroge sur la tactique de Pogacar...
Alexandre Higounet

A bientôt 35 ans, Yves Lampaert fait figure de coureur d'expérience au sein de la Soudal-Quickstep, avec qui il tentera une nouvelle fois de briller sur les classiques flandriennes. A l'occasion d'un entretien avec le média flamand Het Laatste Nieuws, le champion belge s'est interrogé sur la tactique régulièrement employée par Tadej Pogacar pour gagner.

Alors que la campagne des classiques flandriennes va s'ouvrir, Tadej Pogacar fait de nouveau figure d'épouvantail sur le Tour des Flandres et Paris-Roubaix, avec le seul Mathieu Van der Poel comme véritable rival. Interrogé sur la domination du Slovène, Yves Lampaert, l'un des piliers de l'équipe Soudal-Quickstep, a avoué s'être souvent interrogé sur la tactique régulièrement employée par le double champion du monde à l'occasion d'un entretien accordé au média flamand Het Laatste Nieuws, notamment sur cette volonté d'écraser la course en partant de très loin.

« Je me suis souvent demandé quel était l’intérêt tactique de telles échappées en solitaire »

Lampaert a ainsi déclaré, dans des propos relayés par cyclinguptodate.com : « L’Omloop, les Strade Bianche et Milan-San Remo en ont été de parfaits exemples. Van der Poel roule peut-être un peu plus calculé, plus réfléchi. Mais Pogacar, mon Dieu ! Combien de temps est-il resté en tête en Toscane ? 78 kilomètres ? C’est fou ! Et ce n’est pas un cas isolé. Je me suis souvent demandé quel était l’intérêt tactique de telles échappées en solitaire. Si on est aussi fort et qu’il nous reste autant d’énergie, on peut aussi attendre plus longtemps avant d’attaquer et profiter du travail de ses coéquipiers ou de ses rivaux. Cela demande énormément d’énergie au corps. Y a-t-il une méthode d’entraînement particulière derrière tout ça ? Savent-ils que leur avant-dernier effort est meilleur ? Est-ce pour éviter d’éventuels dangers ? Je n’en sais rien ».

La dimension psychologique prépondérante ?

Dans sa réflexion, le coureur belge oublie peut-être l'aspect psychologique, car en matraquant à ce point ses adversaires, Pogacar les place de facto en situation de perdre avant même le départ de la prochaine course. Et le double champion du monde a prouvé au fil des années qu'il savait parfaitement utiliser ce levier. En tout cas, pour Yves Lampaert, un fait demeure incontestable, le peloton roule désormais beaucoup plus vite : « C’est simple. Avec la puissance que je développais il y a quatre ou cinq ans, je pouvais distancer le peloton. Maintenant, je peux au mieux suivre. Ce n’est pas que j’aie régressé. Le niveau général s’est élevé. L’encadrement est plus professionnel. Jeune coureur, je m’entraînais sans cardiofréquencemètre. Ce n’est qu’à Quick-Step (en 2015) que j’ai découvert le capteur de puissance. Maintenant, ils l’utilisent déjà chez les jeunes ».

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