Mis de côté par Fabien Galthié, un joueur du XV de France partage sa frustration : «ils ne me l’ont pas dit tout de suite»
Bernard Colas -
Journaliste
Passionné de sport, de cinéma et de télévision (à l’écran comme derrière) depuis son enfance, Bernard est journaliste pour le 10 Sport depuis 2018. Plus habile clavier en main que ballon au pied, il décide de couvrir principalement un sport adulé, critiqué et détesté à la fois (le football) et un sport qui n’en est pas un (le catch).

Appelé par Fabien Galthié pour disputer le Championnat des Nations après la finale de Top 14, Auguste Cadot fait partie des quelques éléments à ne pas avoir eu l’occasion de jouer. Une frustration pour le trois-quarts de Montpellier, bien déterminé à revenir afin de connaître sa première sélection.

Finaliste du Top 14 avec Montpellier, Auguste Cadot n’est pas parti en vacances tout de suite après la rencontre face à Toulouse. Le trois-quarts a été récompensé de son excellente saison avec une convocation pour le Championnat des Nations avec le XV de France en Australie et au Japon. Une première expérience internationale enrichissante mais aussi frustrante pour le joueur de 25 ans, qui n’a pas disputé la moindre seconde.

« Il y a des regrets »

« Évidemment, il y a des regrets, a reconnu Auguste Cadot dans un entretien accordé à Midi Olympique. Tout le monde te félicite. C'est génial. Mais quand tu es joueur et compétiteur, tu as envie de plus. Tu as forcément envie de jouer. Ils ne m'ont pas dit tout de suite que je n'allais pas jouer du tout. Je ne pense pas qu'on puisse vraiment le dire. Tu n'es jamais à l'abri de pépins physiques ou d'une maladie qui peuvent engendrer des changements dans l'équipe. C'est une frustration, c'est évident. Mais avec le recul, il faut aussi l'accepter. » Le protégé de Joan Caudullo en club se veut désormais ambitieux pour la suite afin de retrouver les Bleus : « Ça me permet de me dire que l'année prochaine, j'ai envie de m'envoyer à fond, de faire de bonnes prestations pour tenter de nouveau ma chance au prochain rassemblement. »

« Dans tous les cas, le choix ne m'appartient pas »

« On m'a simplement dit que les centres avaient fait une super tournée, que ça reste une compétition et que l'ambition de l'équipe de France est de gagner. Une équipe qui marche, qui tourne bien, ce n'est pas simple à modifier, ce que je peux largement comprendre, a-t-il enchaîné. C'est pour ça qu'ils ont reconduit la paire de centres (Moefana - Brau-Boirie) sur les trois matchs. Dans tous les cas, le choix ne m'appartient pas. Qu'on m'explique ou qu'on ne m'explique pas, mon job, c'est d'être performant. Si ça arrive, tant mieux. Si ça n'arrive pas, c'est la vie. »

Auguste Cadot connaît ses axes d'amélioration pour espérer convaincre Fabien Galthié : « Peut-être être plus décisif en attaque. Quand je vois la qualité des mecs offensivement, ils apportent beaucoup par leur vitesse. Il faut aussi trouver sa liberté dans le cadre qu'on te donne. Je me suis énormément épanoui pendant les entraînements. Je sais que j'en ai les ressources. Après, il faut savoir les exploiter, les montrer, démontrer que tu peux tenter ta chance et avoir ta place. »

« J'ai du mal à être pleinement fier »

Au moment de dresser le bilan de ce premier passage chez les Bleus pour cette tournée estivale dans l’hémisphère sud, le Montpelliérain reste partagé. « J'ai du mal à prendre du recul en me disant que c'est passé. Oui, c'était génial, mais j'aurais tellement voulu jouer aussi. Ça aurait été le véritable aboutissement de cette convocation, ajoute-t-il. Après, j'ai envie de me dire que c'est grâce à la saison réalisée avec Montpellier que j'ai pu toucher du doigt ce rassemblement. J'ai vraiment envie qu'on refasse une excellente saison avec Montpellier, qu'on accroche encore des qualifications, parce que c'est aussi ça qui te permet d'aller plus loin. Mais j'ai du mal à être pleinement fier parce que je n'ai pas eu cette sélection non plus. »

Parmi les points positifs de ce rassemblement, Auguste Cadot reconnaît avoir « beaucoup aimé » les entraînements aux côtés de ses nouveaux partenaires : « Évidemment, c'était la guerre sur le terrain, mais toujours avec beaucoup de respect, car tout le monde a envie de jouer. Tout le monde s'envoie à 200 %, te guide aussi. Et puis tu t'éclates sur le terrain parce que tout le monde comprend très vite. Se dire aussi que tu joues ta place à l'autre bout du monde, c'est particulier. J'avais le sourire tout le temps. »

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