Le XV de France perd Matthieu Jalibert, le pire est peut-être à venir : «J’ai souvent traîné ce genre de blessure, et...»
Bernard Colas -
Journaliste
Passionné de sport, de cinéma et de télévision (à l’écran comme derrière) depuis son enfance, Bernard est journaliste pour le 10 Sport depuis 2018. Plus habile clavier en main que ballon au pied, il décide de couvrir principalement un sport adulé, critiqué et détesté à la fois (le football) et un sport qui n’en est pas un (le catch).

A cause d’une gêne au mollet, Matthieu Jalibert a dû faire l’impasse sur le troisième match du XV de France dans ce Tournoi des Six Nations contre l’Italie. L’objectif pour l’international tricolore est désormais d’être remis à temps pour le match face à l’Écosse, un objectif risqué…

C’est sans Matthieu Jalibert que le XV de France a remporté son troisième succès dans ce Tournoi des Six Nations face à l’Italie (33-8) ce dimanche, du côté du stade Pierre-Mauroy. Le demi d'ouverture avait été contraint de déclarer forfait la veille en raison d’une gêne à un mollet. « Ça va, j'ai ressenti une petite gêne au niveau du mollet à la dernière action du match contre le pays de Galles (54-12, dimanche dernier). On pensait à des crampes, une petite tension musculaire, a confié Jalibert au micro de France 2 avant la rencontre. On a essayé de gérer la semaine de la meilleure des façons. Mais les sensations hier (samedi) à la mise en place n'étaient pas très bonnes donc j'ai fait un examen poussé qui a révélé une petite lésion au niveau du mollet. On ne voulait pas prendre de risque pour ne pas aggraver la blessure et me soigner sereinement pour espérer revenir contre l'Écosse. » Une absence qui a « attristé » Richard Dourthe.

« Un mollet, c’est sournois »

« Le forfait de Matthieu Jalibert m’a attristé. Pas simplement contrarié : réellement attristé. Parce que depuis deux matchs, il avait trouvé son tempo. Parce qu’il rayonnait. Il avait électrisé la ligne d’attaque tricolore, imposé son rythme, apporté du liant là où à l’automne, on cherchait des certitudes, a confié Richard Dourthe, auprès de Midi Olympique. Au sujet de « Jalib », laissez-moi ajouter une chose : j’ai toujours pensé que le plaquage était une affaire d’instinct, de sang, pas d’apprentissage. Que cet exercice tient du tempérament plus que du travail. Lui m’a presque fait mentir, ces dernières semaines. Il a sécurisé sa zone avec autorité. Il s’est appliqué, engagé, exposé même. Il a prouvé que le courage défensif peut être une conquête. Même tardive. Et puis voilà. Un mollet qui tire, la mécanique qui grince, et la scoumoune qui s’invite à nouveau. « Rien d’alarmant », nous assure-t-on à Marcoussis : quelques jours au stand, pas plus. Peut-être. »

« Quinze jours pour guérir, retrouver des appuis, reprendre confiance. C’est court. Très court »

Alors que Matthieu Jalibert espère être remis à temps pour le déplacement important en Écosse le 7 mars prochain, le consultant ne cache pas son inquiétude compte tenu de la nature de la blessure du Français. « Un mollet, c’est sournois. Je parle en connaissance de cause : j’ai souvent traîné ce genre de blessure au fil de ma carrière. Un mollet, ça use. Ça vous laisse croire que tout va bien puis ça vous freine au moment précis où vous voulez accélérer, souligne Richard Dourthe. Or, il ne reste que quinze jours d’ici le déplacement à Murrayfield pour affronter l’écosse. Quinze jours pour guérir, retrouver des appuis, reprendre confiance. C’est court. Très court avant un rendez-vous capital et pour lequel les Bleus auront besoin de leur meneur de jeu… » On connaît déjà le feuilleton des prochains jours…

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