Le week-end dernier, un reporter a été agressé en plein direct par des supporters du Stade Aurillacois, agacés par la défaite de leur équipe face au Biarritz Olympique en Pro D2. Une affaire sur laquelle est revenu un autre journaliste de la radio Ici Pays basque.

Présent au stade Jean-Alric, à Aurillac, pour commenter le match de rugby de Pro D2 opposant le Stade Aurillacois et le Biarritz Olympique, Thomas Palmier a subi des violences de la part des supporters locaux le vendredi 27 mars, et ce alors qu’il était en direct sur l’antenne d’Ici Pays basque. De quoi provoquer une vague d'indignation dans le monde du rugby. Stéphane Garcia, officiant lui aussi sur Ici Pays basque, est revenu sur l’affaire en s’inquiétant des dérives que l’on observe dans ce sport.
« Une espèce de forme d’intolérance a tendance à s’installer dans le monde du rugby »
« Il nous était impossible de ne pas revenir sur ce qui s’est passé vendredi soir dans les tribunes de Jean Alric à Aurillac où notre collègue a été agressé par des supporters aurillacois en fin de match. Son tort : c’était simplement de faire son métier, vous faire vivre le match du BO, il a été empêché de travailler correctement. Durant toute la seconde période, il a été poussé, il a reçu des nuquettes puis il a été giflé en plein direct car sa joie communicative lors de la victoire du BO n’a pas plu à certains. Certains qui ne supportent pas et qui ne supportent plus, on le voit dans les stades mais aussi sur les réseaux sociaux, les groupes, les forums de supporters, une espèce de forme d’intolérance qui a tendance à s’installer dans le monde du rugby, reflet sans doute de la société, a confié le journaliste dans sa chronique diffusée à l’antenne. Midi Olympique parle de clubisme et je vais rajouter le mot supporteurisme, des concepts débarqués tout droit du monde du foot. C’est aussi ça le rugby après 30 ans de professionnalisme, même dans les tribunes avec des spectateurs toujours plus partisans et sous couvert de passion, ne veulent plus et ne peuvent plus entendre la moindre critique. Certains arrivent même à justifier les agressions injustifiables. »

« C’était une agression »
« On ne va pas généraliser, ce n’est pas tout Aurillac qui est pointé du doigt, ce n’est pas l’ensemble du rugby français non plus, mais ça doit nous poser question quand on se retrouve en tribune pour encourager les équipes, poursuit Stéphane Garcia. La direction d’Ici Pays Basque et de Radio France ont accompagné notre collègue. Les condamnations ont été faites à commencer par celle de la LNR qui a annoncé avoir ouvert une enquête pour faire la lumière sur la suite à donner sur cette affaire. Le club d’Aurillac a également réagi à cette affaire même si au départ ils ont annoncé un accrochage. Non, c’était une agression. D’après son témoignage, même la sécurité n’est pas intervenue. Ce sont des confrères journalistes qui se sont interposés pour éloigner les agresseurs. Depuis, notre collègue a porté plainte dimanche à Paris car à Aurillac, la gendarmerie lui a signifié qu’elle n’avait pas le temps de recevoir la plainte. »