Avant sa blessure au genou, Antoine Dupont était incontestablement le meilleur joueur de rugby au monde. Mais voilà que le demi de mêlée du Stade Toulousain a été coupé net dans son élan et après de longs mois de convalescence, il a du mal à retrouver le niveau qui était le sien, de quoi lui valoir d’ailleurs de nombreuses critiques. Mais quel est alors le problème avec Dupont ? Et si c’était plutôt mental que physique ?

Après avoir passé plusieurs mois sur la touche, Antoine Dupont a retrouvé la compétition avec le Stade Toulousain et le XV de France. Si le demi de mêlée avait fait forte impression pour ses premiers matchs, voilà que ça fait maintenant plusieurs semaines que son niveau déçoit. Les performances de Dupont sont en deçà de ses standards et il n’est pas épargné par les critiques. Mais voilà qu’il va encore lui falloir un peu de temps pour revenir à son niveau… le temps de reconstruire sa confiance.
« Mentalement ça prend plus de temps pour retrouver le timing, les automatismes et le flow »
Car actuellement, le problème d’Antoine Dupont ne serait pas physique mais plutôt mental. C’est ce qu’a expliqué Will Genia, qui était le demi de mêlée de l’Australie. Dans un entretien accordé à L’Equipe, il a ainsi fait savoir : « Il revient d'une blessure importante, et cela prend du temps pour retrouver son propre rythme. Il lui faut se réadapter à une équipe qui a longtemps évolué sans lui. Et vice versa. Physiquement, tu peux revenir assez vite, mentalement ça prend plus de temps pour retrouver le timing, les automatismes et le flow. Quand je suis revenu après une blessure aux croisés, lors de mon retour, j'étais porté par l'envie, l'adrénaline et l'énergie accumulées après des mois de frustration. L'excitation et les nerfs, repoussent les limites. Après ça se complique, le corps n'a plus été habitué à enchaîner à haute intensité, la récupération est différente. Mentalement, chaque situation de jeu devient un sudoku dans la tête : « Oh, j'ai fait ça, ça me semble bien » ».
« La confiance, ça se reconstruit plus lentement qu'une articulation »
« Le subconscient se met à cocher des cases, valide ta capacité à la prise de risques. C'est un mécanisme d'autoprotection naturel. Et puis tu as perdu une forme d'innocence, pris conscience que tu n'es pas surhumain. Avant tu te sentais incassable, tu te jetais sur des gars de 120 kg, voire 140 kg. Tu sautais, tu sprintais, enchaînais les changements d'appuis de manière brutale. La confiance, ça se reconstruit plus lentement qu'une articulation, surtout pour un joueur comme Dupont », a poursuivi Will Genia. A voir maintenant ça va prendre combien de temps à Antoine Dupont.