Alors qu'il sera titulaire pour le prochain match du XV de France face au Japon, ultime rencontre de cette grande tournée estivale des Bleus à l'étranger, Régis Montagne s'est confié dans un entretien au Midi Olympique et retrace notamment son parcours jusqu'au monde professionnel. Il faut dire que le pilier de Clermont revient de très loin, et notamment sur le plan financier...

Du haut de ses 25 ans, Régis Montagne a eu un parcours assez atypique jusqu'à devenir un joueur majeur de l'ASM Clermont, et le nouveau pilier droit du XV de France. Le natif de Grenoble, où il a d'ailleurs été formé et effectué ses débuts professionnels en 2019, ne parvenait pas à joindre les deux bouts en début de carrière et avait donc été contraint de combiner ses obligations sportives avec un travail à côté. Interrogé dans les colonnes du Midi Olympique, Régis Montagne se livre sans détour à ce sujet.
« Je touchais 300€ par mois... »
« À mes débuts en pro avec Grenoble, je ne touchais pas beaucoup d'argent. Je venais d'avoir mon permis, je touchais 300 euros par mois. Avec ça, quand tu as payé l'assurance de la voiture, il ne te reste plus rien, et je n'osais pas demander de l'argent à ma mère. Alors il a fallu que je trouve un travail. Je me suis lancé : tous les week-ends, le vendredi soir, j'allais décharger des camions à Voreppe pour une boîte de transport, Kuehne-Nagel. Parfois, j'étais 24e le vendredi soir au Stade des Alpes, et je partais à minuit pour embaucher jusqu'à 7 heures du matin, à décharger les palettes. Depuis, je sais ce que c’est que d’en chier vraiment… J'ai fait ça pendant près de deux ans. Dès que j'avais une semaine de vacances ou un week-end de libre, j'y allais. Même pendant le Covid, sur les quatre mois de confinement, j'ai passé trois mois à bosser là-bas. Je n'ai signé pro qu'à l'été d'après. Ça m'a permis de voir autre chose et de me rendre compte que pour avoir de l'argent, il faut travailler dur. Et surtout que, quand tu en as, il ne faut pas le gaspiller », confie le pilier droit du XV de France.
« Il y a une petite sensation bizarre »
Et alors qu'il se retrouve désormais en fin de contrat avec Clermont, Régis Montagne évoque cette situation un peu inédite : « C'est la première fois de ma carrière que je me retrouve en fin de contrat. Forcément, il y a une petite sensation bizarre. On est au début du mois de juillet et tu te dis que dans onze mois, si tu ne trouves rien, tu n'as plus rien. Ça fait un peu de pub de débuter en équipe de France, c’est sûr, mais j'essaie de ne pas y penser pour ne pas me rajouter de la pression. J'ai un agent qui s'occupe de ça, je lui laisse les clés du camion, c'est son rôle. Le mien, c’est de jouer et de prendre du plaisir », précise-t-il.