A quelques semaines de l’ouverture de la Ligue 1, Dino Toppmöller, nouvel entraîneur du RC Lens, a accordé un long entretien au quotidien L’Equipe. L’occasion pour le technicien allemand d’évoquer son arrivée chez les Sang et Or, d’afficher ses ambitions pour la suite mais aussi de raconter un mauvais souvenir impliquant Zinédine Zidane.

Déterminé à prendre la tête de l’équipe de France, Zinédine Zidane est officiellement devenu le nouveau sélectionneur des Bleus après la Coupe du monde en Amérique du Nord, succédant ainsi à Didier Deschamps. « J’ai passé quatre à cinq années à attendre ce jour-là, confiait-il la semaine dernière devant les journalistes. Je suis un peu ému, je suis tout excité, c’est quelque chose de fort pour moi aujourd’hui, quelque part un rêve. »
Déjà entré dans l’histoire en tant qu’entraîneur grâce aux trois sacres consécutifs du Real Madrid en Ligue des champions, Zizou a également marqué les esprits sur les terrains avec plusieurs matches inoubliables à son actif. Le 15 mai 2002, l’ancien meneur de jeu avait notamment inscrit un but d’anthologie en finale de Ligue des champions avec une volée limpide face au Bayer Leverkusen à l'Hampden Park de Glasgow. Dino Toppmöller s’en souvient encore.
« Tous les fans de football adorent Zidane et moi aussi, même si ce soir-là, je ne l'ai pas trop aimé »
Nommé à la tête du RC Lens après le départ de Pierre Sage vers Crystal Palace, Dino Toppmöller garde en mémoire cette reprise de volée de Zinédine Zidane face à l’équipe dirigée à l’époque par son père, Klaus Toppmöller. « J’étais au stade. Tous les fans de football adorent Zidane et moi aussi, même si ce soir-là, je ne l'ai pas trop aimé, admet le nouvel entraîneur des Sang et Or, interrogé par L’Equipe. Sur un but comme ça, qu'est-ce que tu veux faire ? Mais si tu regardes le match, c'est six corners à zéro pour Leverkusen, qui avait dominé tout le long contre une équipe incroyable. »
Le père de Dino Toppmöller a joué un rôle important dans sa reconversion
Dino Toppmöller reconnaît que son père, élu entraîneur de l'année 2002 en Bundesliga avec le Bayer Leverkusen, est un modèle pour lui. « Quand il était en poste, j'étais encore très focus sur ma carrière d'attaquant. Mais bien sûr, c'est une inspiration. On voit le football de la même façon, il était aussi très orienté vers le jeu offensif, confie l’Allemand. Quand il était à Leverkusen, je jouais à Bochum et on a partagé un appartement, j'ai assisté à quasi tous les matches de Ligue des champions (2001-2002). Avant chaque choc à domicile, Liverpool en quarts, Manchester United en demies, j'ai observé les entraînements dans une loge. Ça m'intéressait, mais ce n'était pas encore totalement clair dans ma tête que je voulais être coach. »
« Je crois vraiment dans le projet du RC Lens »
Le successeur de Pierre Sage savoure aujourd’hui cette nouvelle aventure au RC Lens. « Pour moi, ce n'est pas un pas en arrière, explique l’ancien adjoint de Julian Nagelsmann au Bayern Munich, parti ensuite comme numéro 1 à l’Eintracht Francfort. Pour un coach, le plus important, c'est le projet. Tu peux aller dans un grand club, si la direction est catastrophique, tu es perdu. À Lens, elle a prouvé sa valeur par son recrutement, ses ventes et son académie. Je crois vraiment dans ce projet. Le premier call avec Jean-Louis était un jeudi matin, il a duré plus de deux heures, alors qu'on avait un déjeuner avec ma femme, et que je lui avais dit que j'en avais pour une heure max (rires). Ça voulait dire qu'on était déjà très alignés. Ce n'est pas juste des beaux discours, ils ont su trouver des joueurs et avancer, ça veut dire qu'il y a une cellule de scouting très bien organisée, structurée. En plus, le coach est toujours intégré dans tous les process. Ça en fait un choix logique, même si c'est un grand challenge de guider l'équipe dans une langue qui n'est pas la mienne. »