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Ce qui ne me tue pas…

Ligue 1 : Ce Lyon là a de la ressource

Michel Bastos

Des comptes déficitaires, une saison sans Ligue des Champions, un besoin d’alléger sa masse salariale, l’Olympique Lyonnais était censé perdre de sa superbe. Vraiment ?

Avant d’affronter Valenciennes en ouverture de la 4ème journée de Ligue 1, Lyon soulevait plusieurs questions et engendrait peu de certitudes. Kallstrom parti, Cissokho vendu et Lloris sacrifié sur l’autel de la sacro-sainte stabilité économique, on craignait que l’OL descende d’un cran encore dans la hiérarchie nationale. Mais c’est sans compter avec la solidité d’un club géré de main de maître.


Un vrai réservoir de talent et un retour gagnant
Au coup d’envoie, Rémi Garde a couché sur la feuille de match 5 joueurs formés au club. Vercoutre, enfin dans la peau du gardien titulaire, Gonalons, Lacazette et Grenier. Gonalons s’impose depuis quelques saisons comme un taulier de l’entrejeu lyonnais, et se construit un statut d’international A. Lacazette, dont on attend l’explosion sous peu, offre des solutions dans l’axe et sur les cotés largement au niveau de la Ligue 1. Enfin, Clément Grenier, régale par une facilité technique déconcertante. Si elle dérive de moins en moins souvent en nonchalance, la dernière pépite du centre de formation deviendra un homme de base du système Garde. Vous me direz que ça ne fait que 4 joueurs, en effet, et le cinquième est un joueur formé au club et qui a…32 ans. Steed Malbranque, qui a signé cette semaine dans son club formateur, 11 ans après l’avoir quitté. Et l’ex Cotager de Fulham a rendu une copie splendide face aux Nordistes. Juste dans son jeu, capable de changer de rythme par la passe ou la percussion, il apporte de l’expérience en plus de son talent à un milieu 100% formé à l’OL. Un centre de formation qui fournira encore cette saison Enzo Reale, Samuel Umtit et Yassine Benzia. De plus, sur le banc face à Valenciennes, se trouvaient Briand et Fofana, qu’on en présente plus.
Néanmoins, ballotée et fébriles par séquence face à V.A, cette jeune équipe devra se montrer plus constante sur un match pour éviter les sueurs froides et les points perdus face à des équipes de petits standing.


Il y a encore une marge de progression
Oui Lyon a souffert à Gerland. Oui Jean-Michel Aulas a dû trembler après le deuxième but de Valenciennes. Oui Vercoutre a été moyen sur l’ouverture du score adverse. Mais ce Lyon là a encore une belle marge de progression. Tout d’abord, les jeunes vont prendre du coffre et gagner en régularité. Ensuite, quels étaient les joueurs absents dans l’effectif cet après-midi ? Dejan Lovren, meilleur défenseur lyonnais la saison passée, dont l’association avec Bisevac fait saliver tous les coaches de L1 (enfin sauf peut être Ancelotti). Fabian Monzon, latéral gauche recruté à Nice mais blessé pour 3 semaines, donnera de la grinta et de la qualité technique à ce poste. Yoann Gourcuff, revenu en début de saison avec de belles dispositions et qui, en possession de ses moyens physiques, sera une plus-value pour son équipe. Et le meilleur pour la fin, Lisandro Lopez, l’un des trois meilleurs attaquants de Ligue 1, l’assurance d’une quinzaine de buts.
Ces joueurs sont des leaders techniques, mais aussi moraux. Ils reviendront tirer leurs jeunes coéquipiers ainsi que toute l’équipe vers le haut. Tous internationaux et habitués aux joutes européennes, ils étofferont la rotation lyonnaise, et lui donneront une épaisseur à même de la rendre dangereuse en Ligue Europa. Quand on voit que les supposés remplaçant assurent le travail en Ligue 1 le weekend, on peut estimer sans se tromper que ce Lyon là n’est pas mort. Il a même encore les crocs.

Ryad Ouslimani