«Plus grand, je ferai chauffeur-livreur» : Nouveau sélectionneur des Bleus, Zinédine Zidane s’était imaginé un avenir très différent lorsqu'il était enfant
Bernard Colas -
Journaliste
Passionné de sport, de cinéma et de télévision (à l’écran comme derrière) depuis son enfance, Bernard est journaliste pour le 10 Sport depuis 2018. Plus habile clavier en main que ballon au pied, il décide de couvrir principalement un sport adulé, critiqué et détesté à la fois (le football) et un sport qui n’en est pas un (le catch).

Zinédine Zidane vient d’être intronisé sélectionneur de l’équipe de France en lieu et place de Didier Deschamps. Pour l’occasion, le magazine So Foot a exhumé de ses archives une interview réalisée avec l’ancien meneur de jeu, qui s’était notamment prononcé sur le premier métier qu’il imaginait exercer.

Après sa brillante carrière de joueur, Zinédine Zidane s’est lancé dans le métier d’entraîneur avec la même réussite. Le Français a déjà triomphé en club en remportant à trois reprises la Ligue des champions avec le Real Madrid, une performance que tentera d’égaler le PSG cette saison, et vient d’être nommé à la tête de l’équipe de France. Un nouveau rêve réalisé pour Zizou, ému au moment de prendre la parole à sa présentation.

« C’est pour moi une continuité, un rêve. J'ai eu des propositions pendant quatre ou cinq ans pour reprendre un club et je les ai toutes refusées pour l'équipe de France, a-t-il déclaré devant les journalistes. C'est la seule chose que je voulais faire. Je l'ai connue gamin, j'ai commencé minime, j'ai franchi toutes les étapes jusqu'à arriver à la sélection A. Je vais tout donner pour que cette équipe continue à gagner, c'est la seule chose qui m'anime. »

« Je n’ai pas fait du foot pour être connu »

Le magazine So Foot a profité du retour de Zinédine Zidane en équipe de France pour republier sur son site une ancienne interview réalisée avec l’enfant de la Castellane en 2013. Ce dernier s’y remémore sa carrière mais également ses souvenirs d’enfance avec le football. A l’époque, Zizou ne s’imaginait pas devenir la légende que l’on connaît aujourd'hui et aspirait à une vie normale. « Je n’ai pas fait du foot pour être connu, je n’ai pas fait ça pour ça ! Moi, je voulais être chauffeur-livreur », avait-il révélé à l’époque, au plus grand étonnement du journaliste qui l’interviewait ce jour-là.

« Il y a des mômes qui veulent faire pompier, moi, c’était chauffeur-livreur »

« Oui, chauffeur-livreur, persistait alors Zinédine Zidane. Quand j’étais petit, il y avait un mec qui venait livrer les petits magasins à côté de l’endroit où on jouait, et à chaque fois, il nous demandait de l’aide. Certainement parce qu’il avait peur que si on continue à jouer, on casse quelque chose. Bref, à chaque fois, il nous donnait un petit quelque chose. J’aimais bien ces moments-là, j’aimais l’aider et je m’étais dit que, plus grand, je ferais ça. Il y a des mômes qui veulent faire pompier, moi, c’était chauffeur-livreur. »

« En dehors du terrain, je suis Monsieur Tout-le-monde »

Zinédine Zidane en était persuadé lors de cet entretien avec So Foot, sa personnalité n’aurait pas été différente s’il avait exercé cet autre métier beaucoup plus modeste. « Je serais le même homme aujourd’hui : quelqu’un de réservé, qui préfère être parmi les siens, avait-il résumé. Je pense d’ailleurs que les gens m’ont aussi apprécié parce que je ne la ramenais pas à chaque fois. En dehors du terrain, je suis Monsieur Tout-le-monde, et même si, bien sûr, je ne le suis plus – j’en ai bien évidemment conscience –, je fais tout pour le rester malgré tout. J’ai conscience d’avoir compté dans la vie de certains gamins ; ce que j’ai fait, une Coupe du monde, un championnat d’Europe, une Ligue des champions, ce n’est pas rien naturellement, mais je n’ai jamais pris la grosse tête, j’ai toujours su d’où je venais et qui j’étais. Je suis comme ça, quoi qu’on en pense. Je suis sincèrement humble. Sans faux semblants. Je n’ai jamais pensé être le meilleur joueur du monde, par exemple. Je faisais partie des bons joueurs, mais tu ne m’entendras jamais dire que j’étais le meilleur. Tout simplement parce que je ne le pense vraiment pas. Et puis je trouve ça… Je n’ai jamais aimé me mettre en avant, je me suis protégé contre ça… Tous ces joueurs qui pensent être les meilleurs, ça doit être dur pour eux aujourd’hui. Tu imagines, quand tu es persuadé que tu as été le meilleur, et que tu ne l’es plus ? Quelle souffrance ! Je n’envie pas ces mecs-là. »

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