Préparateur physique de l’équipe de France lors du naufrage à la Coupe du monde 2010, Robert Duverne s’est remémoré quelques souvenirs de cet épisode sombre du football tricolore dans un entretien accordé à L’Équipe. L’occasion pour lui d’évoquer une anecdote inédite jusqu’à présent.

Il y a seize ans, l’équipe de France était la risée du monde entier après ses piètres prestations en Afrique du Sud et la grève des joueurs à Knysna. Un fiasco revenu au cœur de l’actualité ces dernières semaines avec la diffusion d’un documentaire inédit sur Netflix avec les témoignages de plusieurs acteurs de l’époque, dont Patrice Evra, William Gallas, Raymond Domenech ou encore Robert Duverne, l’ex-préparateur physique des Bleus connu du grand public pour avoir balancé son chronomètre le jour de la grève.
« Les dirigeants de la FFF sont gentiment alcoolisés et débraillés »
Dans un entretien accordé à L’Équipe, Robert Duverne est revenu sur ce moment sombre de sa carrière, dévoilant notamment une anecdote inédite sur l’ambiance en interne dans la foulée du dernier match contre l’Afrique du sud (défaite 3 à 1) : « Après l'élimination, quand on rentre à Knysna et qu'on est accablés, Raymond parle aux joueurs, avec des mots touchants mais, au bar, les dirigeants de la FFF sont gentiment alcoolisés et débraillés, ils font signer des casquettes aux joueurs. On aurait dit une fin de banquet. On était livrés à nous-mêmes parce que les dirigeants présents étaient incapables de gérer la crise. Je me souviens qu'en traversant l'aéroport, en quittant l'Afrique du Sud, des photographes chantaient : "Ce n'est qu'un au revoir"... »
« Les gars étaient obsédés par la taupe »
Aujourd’hui encore, Robert Duverne garde de profonds regrets de cet épisode, estimant même que les Bleus auraient pu sortir de leur groupe après des débuts compliqués comme en 2006. « Ce n'était pas si différent, comptablement, du Togo quatre ans plus tôt, quand il avait fallu gagner par deux buts d'écart. L'affaire était là, il fallait la gérer et préparer le match. On n'a pas su le faire. Les gars étaient obsédés par la taupe. La discussion ne venait jamais sur la phrase elle-même, mais sur : "Qui a dit ça ? ", confie-t-il. Avant l'Afrique du Sud (1-2), Sid'Govou est venu me demander de nous préparer comme d'habitude, pour garder les rituels, mais tout s'est mal enchaîné, l'occasion manquée de Dédé Gignac, le but encaissé, le rouge de Yo Gourcuff. Joueurs, staff, dirigeants de la FFF, on s'est nous-mêmes enlevé un match, on a oublié qu'on avait encore une chance, et on n'est pas allés la chercher. »