L’équipe de France a deux étoiles au-dessus de son coq, synonymes de deux sacres mondiaux glanés en 2018 et en 1998. A quelques mois de la dernière Coupe du monde de Didier Deschamps en tant que sélectionneur, lui qui a pris part aux deux épopées mentionnées avec des rôles différents, retour sur un moment charnière de l’histoire des Bleus en Coupe du monde…

La pression est au rendez-vous à chaque préparation de compétition avec l’équipe de France. La pression du résultat, l’omniprésence médiatique autour des Bleus était telle que certains membres des différentes équipes de France ont pu craquer avant ces grands rendez-vous. Ce fut le cas de Grégory Coupet à Tignes au stage de préparation du Mondial 2006 en Allemagne. Avant l’entame de la prépa de la Coupe du monde 1998, un autre membre du groupe tricolore a voulu arrêter.
«Je le sens pas, j’en ai marre de me faire tailler à chaque fois que je viens en équipe de France, ça me casse les cou*lles»
A l’occasion d’une émission spéciale du Vestiaire sur RMC datant de 2017, Christophe Dugarry, Emmanuel Petit, Fabien Barthez et Franck Leboeuf ont partagé certains souvenirs de cette épopée de France 98. Le défenseur titulaire en finale du Mondial en remplacement de Laurent Blanc suspendu a révélé qu’il ne voulait initialement pas participer à cette grande fête du football à cause justement de la pression médiatique à son égard et celle du sélectionneur de l’époque Aimé Jacquet. « Aimé Jacquet a été très critiqué avant la Coupe du monde 98 ? Il a essayé de nous protéger. Je l’ai eu au téléphone entre le tournoi du Maroc et la Coupe du monde pour lui dire que je ne viendrais pas à la Coupe du monde. Je n’ai pas envie parce que je me suis fait démonter pendant le tournoi. Je suis rentré à Londres parce qu’on avait quelques jours de repos et je l’ai appelé : « je le sens pas, j’en ai marre de me faire tailler à chaque fois que je viens en équipe de France, ça me casse les cou*lles » ».

«J’avais morflé pendant deux ans, ça me cassait les cou*lles»
Joueur de Chelsea au moment du Mondial 98, Franck Leboeuf souhaitait rester à Londres, mais a finalement été convaincu par le discours d’Aimé Jacquet, lui-même sous le feu de virulentes critiques sur sa personne. « Il a eu des mots très forts en me disant : « si vous me lâchez, je ne sais pas ce que je vais devenir ». J’avais morflé pendant deux ans, ça me cassait les cou*lles. Aimé avait eu des mots très forts parce qu’il ne savait pas comment ça allait se passer pour lui. Il s’est fait démonter en tant qu’entraîneur, mais aussi en tant qu’homme, sa famille, son accent, sa façon de parler et c’était pathétique. Il était à fleur de peau, mais a eu cette force de ne pas nous le faire ressentir ».