Jonas Vingegaard avait établi un plan en deux temps afin d'arriver sur le Tour de France au sommet de ses moyens physiques et mentaux pour être en mesure de lutter à nouveau avec Tadej Pogacar pour le maillot jaune. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que pour l'instant, tout se passe comme prévu pour le champion danois. Voire mieux...

En début de saison, Jonas Vingegaard avait annoncé une révolution personnelle dans son approche du Tour de France, passant par le Giro, tant pour retrouver fraîcheur et motivation que pour casser la logique de défaite dans laquelle il était enfermé face à Tadej Pogacar. En retrouvant le goût de la victoire sur le Giro, le Danois escomptait ainsi arriver libéré sur le Tour : « J'ai déjà gagné le Tour de France et le Tour d'Espagne. Désormais, je veux faire pareil en Italie. Cela fait quelque temps déjà que j'envisage de courir le Giro. C'est l'une des plus grandes courses au calendrier, et je ne l'ai jamais disputée. Je veux vraiment la découvrir, et désormais, cela m'apparaît comme le bon moment. Remporter la Vuelta l'an dernier n'a fait qu'augmenter ma motivation de jouer la victoire en Italie. J'adorerais ajouter le maillot rose à ma collection. Pour autant, pour moi, une vraie saison réussie dépend toujours de la victoire au Tour de France. Célébrer une nouvelle victoire à Paris est toujours quelque chose auquel je rêve. Remporter le Tour une troisième fois, ce serait incroyable. Le focus, c'est le Giro dans un premier temps, et dans un deuxième temps, le Tour. Ce sont deux grands objectifs, et je suis extrêmement motivé. Je suppose qu'à force de répéter les mêmes choses chaque année, on finit par s'enfermer dans le même rôle et à faire la même chose d'année en année. Ce n'est pas que je manque de motivation, loin de là, mais c'est plutôt que parfois, on a besoin de nouveauté pour raviver sa motivation. C'est ce que nous faisons en ce moment et je sens que j'ai retrouvé une énergie que je n'avais pas eue depuis quelques années. En fait, j'ai ressenti cette énergie dès que j'ai repris l'entraînement. Même avant, car nous avions le programme, pas encore finalisé, mais le Giro et le Tour étaient déjà programmés entre fin octobre et début novembre. Nous savions déjà à ce moment-là que c'étaient les deux objectifs principaux. Ensuite, bien sûr, la question de la préparation est venue un peu plus tard. Mais dès lors, j'étais très motivé pour cette année ».
« J'ai l'impression de m'être beaucoup amélioré tout au long de ce Giro »
Au sortir du Giro, qu'il a remporté comme il l'espérait, Jonas Vingegaard voit tous ses voyants au vert en vue du Tour de France. Au niveau de la confiance, sa victoire haut la main en Italie le booste au maximum, d'autant qu'avec déjà un Grand Tour dans son escarcelle en 2026, il peut aborder la conquête du maillot jaune plus libéré, avec la possibilité de prendre plus de risque pour tenter de déstabiliser Pogacar, à l'inverse de ce qu'il avait fait l'an dernier. Physiquement, la configuration est également idéale : le Giro, loin d'avoir épuisé le Danois, lui a permis au contraire de monter en puissance. Vingegaard n'a pas eu à puiser dans ses réserves pour le remporter et a effectué les efforts au moment où il le souhaitait.
« Je pense que cela peut m'aider à atteindre un niveau supérieur sur le Tour »
Son plan se déroule donc à la perfection et lui permet d'envisager sérieusement être au niveau de Pogacar sur les routes du Tour de France. A l'arrivée du Giro, Jonas Vingegaard affichait déjà sa grande motivation pour juillet, déclarant dans des propos rapportés par le quotidien L'Equipe : « J'ai l'impression de m'être beaucoup amélioré tout au long de ce Giro. C'est pour moi la meilleure préparation pour le Tour. Si vous êtes complètement sur les rotules et que vous devez prendre deux semaines de repos avant de pouvoir vous entraîner à nouveau, alors ce ne serait pas une bonne préparation. Mais je crois que je ne suis pas sur les rotules (sourire). J'ai un bon pressentiment en sortant de ce Giro. Je pense que cela peut m'aider à atteindre un niveau supérieur. C'est ce que nous espérons sur le Tour. Pour le maillot jaune après le rose ? C'est le plan, c'est ce à quoi on croit ».