En alignant Paul Seixas sur le Tour de France, l'équipe Décathlon-CMA CGM a-t-elle fait le bon choix ? Pour l'ancien coureur italien Guiseppe Saronni, qui avait été confronté à la même problématique lorsqu'il était question qu'il dispute son premier Giro, la formation tricolore de toute façon n'avait pas vraiment le choix.

En décidant d'aligner Paul Seixas sur le Tour de France dès cette année, alors que le prodige français n'est âgé que de 19 ans, l'équipe Décathlon CMA-CGM fait-elle le bon choix ? La question fait débat depuis plusieurs semaines. Interrogé sur le sujet par le site bici.pro, Guiseppe Saronni, l'ancien coureur italien qui avait été confronté à la même problématique par rapport à sa première participation au Giro lorsqu'il débutait sa carrière, estime qu'en fait le débat n'a pas vraiment lieu d'être, et ce pour une raison bien précise...
« Il faut aussi comprendre qu’on ne peut pas brider la volonté d’un tel coureur »
Saronni a ainsi expliqué, dans des propos rapportés par cyclinguptodate.com : « À 19 ans, on a envie de courir, alors on ne pense pas vraiment à son jeune âge et à son manque d'expérience. Ma situation s'est réglée facilement : j'ai chuté au Giro di Romagna et je me suis cassé la clavicule. C'était donc un choix forcé. On aurait sans doute essayé de me dissuader de participer au Giro, car mon directeur sportif, Carletto Chiappano, était un homme très expérimenté… mais au fond de moi, l'envie de concourir et de faire le Giro était bien présente. Seixas ? Il faut bien sûr faire attention à ne pas épuiser un jeune coureur, mais d’un autre côté, il faut aussi comprendre qu’on ne peut pas brider la volonté d’un tel coureur. Le potentiel est là, sinon on ne peut pas rester dans la roue de Tadej Pogacar sur La Redoute, où il s’est donné à fond ».
« Seixas, Pogacar avant lui, ces jeunes sont des talents, ils sentent ce dont ils sont capables »
Et pour Saronni, si Seixas va au Tour de France, c'est pour jouer le classement général à fond, pas autre chose : « A l'époque, j'aurais même menti un peu pour aller au Giro, en disant : "Non, je fais juste le Giro pour acquérir de l'expérience, sans trop me fatiguer". Mais la vérité, c'est que quand on est en course, surtout à cet âge-là, on donne tout pour obtenir un résultat. Pour Seixas, c'est aussi différent [de sa situation en 1977] ; s'il fait le Tour, c'est aussi que l'équipe sait qu'il en est capable et qu'il sera compétitif au plus haut niveau. Seixas, Pogacar avant lui, ces jeunes sont des grands talents ; ils sentent ce dont ils sont capables ».