Alors que la polémique France Pierron - Jérémy Doku fait beaucoup de bruit ces derniers jours, Timoci Nagusa a raconté son expérience. Pendant son séjour au FC Grenoble rugby, l'ailier de 38 ans avait pris un congé paternité. Alors que sa décision avait été décriée, notamment par Christophe Urios, Timoci Nagusa a dû résilier son contrat à son retour.

Faisant partie de la liste de 26 joueurs convoqués par Rudi Garcia pour disputer la Coupe du Monde 2026 avec la Belgique, Jérémy Doku a retrouvé sa compagne pendant quelques jours pour assister à la naissance de son premier enfant. Présente dans l'émission L'Equipe de Choc, France Pierron a critiqué le choix du Diable Rouge ; « Quand tu as la chance de participer à une Coupe du monde, il y a des centaines de footballeurs qui tueraient pour être à ta place […] et tu vas quitter tout ça pour assister à la naissance de ton enfant, qui est un moment dégueulasse, excusez-moi, où le papa ne sert à rien, il a un rôle de figurant ».
«J’ai été confronté à un climat hostile à mon retour au club»
Lorsqu'il évoluait au FC Grenoble rugby, Timoci Nagusa (38 ans) a également priorisé sa famille à sa carrière. Lors d'un entretien accordé au Parisien, l'actuel pensionnaire du Stade montpelliérain s'est justifié. « Pourquoi aviez-vous tenu à prendre votre congé parental en 2021 ? À cette époque, nous venions de nous installer à Grenoble et, en raison des restrictions liées au Covid-19, nous ne pouvions pas compter sur le soutien de notre famille et de nos amis. Avec un enfant en bas âge et aucune aide immédiate à disposition, j’ai choisi de prendre un congé paternité, suivant les conseils de notre sage-femme française. Pour moi, donner la priorité à mon rôle de père était une décision évidente dans cette situation », a confié Timoci Nagusa.
«J'ai été contraint de résilier mon contrat»
Dans la foulée, Timoci Nagusa a avoué que ce congé paternité lui avait porté préjudice. « Avez-vous eu l’impression d’être soutenu par Grenoble, votre club de l’époque, vos coéquipiers et plus globalement le monde du rugby ? Concernant mon départ de Grenoble, je dirais simplement que j’ai été contraint de résilier mon contrat, et bien que mes coéquipiers et les supporters m’aient soutenu, j’ai été confronté à un climat hostile à mon retour au club. La communauté du rugby dans son ensemble a réagi de manière mitigée : la plupart m’ont soutenu, mais certains, dont Christophe Urios (entraîneur de Bordeaux-Bègles à l’époque), n’étaient pas d’accord avec ma décision. J’ai toutefois apprécié le soutien que m’ont apporté le maire de Grenoble, Éric Piolle, et de nombreux membres de la communauté, ce qui m’a rassuré. Est-ce que vous trouvez que la société française a évolué sur ces sujets ? J’ai reçu un soutien considérable de la part de la communauté française, en particulier de la part de mères qui m’ont fait part de leur compréhension et m’ont encouragé en ligne. Certains pères français m’ont également abordé dans des situations de la vie quotidienne pour me féliciter d’avoir pris un congé paternité. Si certains considèrent encore ce type de congé comme inutile, d’autres reconnaissent l’importance de l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée », a développé l'ex-joueur du Montpellier HR (2010-2020), pensionnaire de Top 14.