Alors qu’il avait été accusé de dopage, un joueur a toujours clamé son innocence et, en ce sens, avait reçu le soutien de son club. Après avoir purgé une suspension de six mois, le principal intéressé avait pu faire son retour à la compétition, avant d’être ensuite transféré à l’OM.

Contrôlé positif à la nandrolone en septembre 1997, Cyrille Pouget, alors âgé de 24 ans, avait écopé d’une suspension de 18 mois en juillet 1998, dont six mois ferme. Une affaire sur laquelle celui qui évoluait alors au Havre est revenu dans un entretien accordé à Flodas et diffusé sur YouTube, lui qui a toujours clamé son innocence.
« J’ai eu la chance d’avoir un club comme Le Havre qui m’a soutenu »
« Je me suis toujours battu. J’ai été suspendu six mois, mais ça a duré un an, un an et demi. J’ai eu la chance d’avoir un club comme Le Havre qui m’a soutenu, qui m’a cru et a toujours fait le maximum pour que je puisse traverser cette période-là du mieux possible. C’était pas facile. Déjà, ne pas jouer, ça, c’est horrible parce que vous êtes suspendu. La réputation, c’est plus dur pour la famille, pour ma femme, mes parents… Moi, je ne dis pas que je pouvais me défendre, mais je connaissais le problème et je savais comment y “remédier”. Si je n’avais pas été soutenu à l’époque, ma carrière se serait arrêtée. Ça a ralenti ma carrière ? Pas du tout. Quand vous avez la certitude que vous n’avez rien fait de mal et que vous êtes suspendu, je peux vous dire que si vous êtes fort dans la tête, vous décuplez vos forces. Je ne dis pas que je l’avais prédit, mais j’étais au Havre, il m’est arrivé ce problème, la troisième année, j’étais capitaine de l’équipe. Donc c’est les joueurs qui ont voté pour que je sois capitaine, ce n’est pas moi ait dit : ”Je veux être capitaine.” Il y avait un entraîneur à l’époque qui s’appelait Smerecki, qui était quand même quelqu’un d’assez connu. Le club m’a fait confiance, psychologiquement, je n’ai jamais lâché. Et en cours de saison au Havre, alors qu’on ne fait pas une bonne première partie de saison énorme, j’ai Marseille qui souhaite me recruter. Ça n’a pas impacté parce que je n’étais pas seul dans le problème. Il y avait plusieurs joueurs : Dominique Arribagé, Vincent Guérin, Djamel Bouras. David Garcion, c’était un petit plus problématique parce qu’on a pu douter un petit peu, même si moi je pense qu’il n’a rien fait non plus. On a cru en nous. Même si on était suspendu, on a cru en notre vérité », a confié Cyrille Pouget, qui avait ensuite pris la direction de l’OM en janvier 2000, où il a retrouvé son ancien coéquipier du FC Metz, Robert Pirès.

« C’est pour ça que cette histoire m’a permis de rebondir à l’OM »
« C’est pour ça que cette histoire m’a permis de rebondir à l’OM. Pour reformer aussi les PP Flingueurs avec Robert qui était au club, où il y avait énormément de problèmes. C’est l’époque où à La Commanderie, il y avait plus de supporters que de joueurs. Je n’y étais pas moi. La pression à l’OM, elle existe depuis des années. C’est le seul club français où les supporters sont capables de mettre une pression, qu’elle soit positive ou négative, en fonction des résultats. Il faut être très très costaud pour jouer à Marseille. Parce qu’il y a un environnement qui n’est pas facile. Le club est adulé dans la ville et vous avez des supporters marseillais dans toute la France. Si vous regardez un Rennes-Marseille, si Marseille marque un but, je ne dis pas que vous avez la moitié du stade qui se lève, mais pas loin. Des Marseillais, il y en a partout. C’est le seul club qui à mon avis en France est détesté, mais supporté aussi. À Marseille, il y a une énorme pression. le fait qu’ils aient gagné la Coupe d’Europe en 1993, ça met le club à un niveau énorme et la rivalité avec Lyon, Paris », a ajouté Cyrille Pouget.