La methode cachee de Guardiola
La rédaction

Depuis sa prise de fonctions en équipe première du FC Barcelone, Josep Guardiola a révolutionné le poste d'entraîneur. Hors terrain, ses méthodes détonnent entre projections de film, écoutes de musique et repas en tête-à-tête.

Film mobilisateur Un petit dessin vaut mieux qu’un long discours, disait Napoléon. Josep Guardiola suit ses traces à la différence près que ses dessins à lui sont animés. Pour motiver ses joueurs avant chaque grand match, l’entraîneur des Blaugrana a pris l’habitude de leur projeter un bon film. Ainsi, avant la finale de la Ligue des Champions la saison dernière, il n’avait pas hésité à miser sur «Gladiator», l’opus survitaminé de Ridley Scott sorti en 2000. A Rome, à quelques minutes du coup d’envoi, il avait réalisé un montage de quelques scènes marquantes du film les mixant avec plusieurs actions de ses joueurs. Le tout sur un air de l’Opéra «Turandot» de Giacomo Puccini. Voulant aller jusqu’au bout de son idée, Guardiola avait même écourté la séance d’échauffement afin d’envoyer ses ouailles aux vestiaires, transformés en salle de cinéma sans lumière.

La stratégie avait marché, les Anglais avaient même été battus dans leur cher fighting spirit (2-0). Avant d’affronter Malaga le week-end dernier, Guardiola a encore appuyé sur «Play» et la tactique a encore fonctionné (2-1). Cette fois, il avait opté pour un documentaire poignant retraçant la tentative de 15 alpinistes voulant sauver la vie d’Iñaki Ochoa de Olza. Le 23 mai 2008, le montagnard espagnol était en effet resté bloqué au sommet de l’Annapurna, à 7400 mètres d’altitude en raison d’une lésion cérébrale et pulmonaire. L’investigation avait été vaine mais l’entraîneur du Barça a voulu montrer les images entremêlées de solidarité, de courage dans des conditions extrêmes. L’idée était claire. Faire comprendre à ses joueurs qu’une victoire, en sport ou dans la vie, est toujours liée à l’entraide et l’amitié. Presque fraternelle. «On n’aura pas pu faire mieux. Cela fait presqu’un an que je n’avais pas vu jouer le Barça comme ça», admet Pablo, un des frères d’Iñaki.

Musique stimulante Là aussi, la méthode de Josep Guardiola est unique. Avant chaque match, qu’il soit important ou pas, l’entraîneur du FC Barcelone a pris l’habitude de monter le son dans les vestiaires pour passer un morceau musical stimulant. Pendant une saison entière, le groupe catalan a vibré au rythme de «Viva la vida» du groupe Coldplay, dont Guardiola est un fan absolu (il a d’ailleurs assisté à leur concert à Barcelone en famille cet été). Changement de cap depuis septembre. Le «nouvel hymne» du Barça n’est autre que le morceau «Human» du groupe The Killers, nouvelle icône de l’Indie Rock. Guardiola a longtemps fait le forcing pour que le secret reste bien gardé. Ainsi, l’information n’a filtré qu’en décembre dernier lors du Mondial des Clubs quand les joueurs, pensant être seuls, ont entonné le refrain entre le bus et leur luxueux hôtel Shangri-La

Déjeuners en tête-à-tête La méthode avait été expérimentée avec Thierry lors de son passage à vide il y a quelques temps. Andres Iniesta et Lionel Messi sont également passés par là, il fut un temps. Pour rebooster ses joueurs, Pep Guardiola tente de leur redonner confiance en les prenant par la main. Plus précisément, par la fourchette. Concrètement, l’entraîneur du Barça, qui travaille au club sept jours par semaine, reste avec eux après les entraînements, leur parle beaucoup (pas forcément football) et partage ses déjeuners avec eux. Le dernier en date n’est autre que Zlatan Ibrahimovic, dernier joueur passé par des moments délicats en termes de confiance.

Voici un extrait du documentaire choisi par Guardiola :