Ces gens, au lieu d'aller dans la rue, ils vont à la banque et retirent leur argent. » L'appel d'Eric Cantona à manifester de cette manière pacifique et maline fait des émules. Et provoque forcément un tas de réactions.

« Chacun son métier. Il y en a qui jouent magnifiquement au football, je ne m'y risquerai pas. Je pense qu'il faut intervenir chacun dans ses compétences ». Voilà comment Christine Lagarde, ministre de l'Economie, a réagi à l'appel de l'ancien joueur de Manchester United. Un avis partagé par le directeur général de la BNP, Baudoin Prot. « La recommandation de retirer les dépôts est totalement insécuritaire, complètement contraire à ce qui peut assurer le fonctionnement de l'économie ». Il faut dire que l'appel de Cantona a de quoi faire flipper. En effet, l'ensemble des comptes courants totalisent à eux seuls la somme de 270 milliards d'euros... Tout retirer constituerait probablement un casse-tête insolvable. Autant dire, donc, que Canto a eu ce qu'il voulait: un beau bordel. Et compte d'ailleurs des soutiens dans la classe politique. Une idée « séduisante » selon Olivier Besancenot qui précise néanmoins qu'en Argentine, « les gens se sont précipités, les banques ont fermé, la police a frappé. Les banques sont toujours du côté du pouvoir ». La secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts, Cécile Duflot, a elle adhéré. « Il met les pieds dans le plat sur un sujet qui est un sujet réel. Je suis pas sûre que ce soit la bonne méthode mais cela montre bien qu'il commence à y avoir un véritable ras le bol. Je crois qu'il exprime de manière très simple ce ras le bol que ressentent beaucoup d'habitants de ce pays, mais plus largement beaucoup d'européens, vis à vis d'une obligation d'intervenir pour les banques et de cette déification des banques et de leurs acolytes les agences de notation qui devient très pénible ». Qui a dit que les footeux n'avaient rien dans la tête ?