Bleus les questions qui fachent 3 e partie
La rédaction

A douze jours du coup d'envoi de la Coupe du monde, le 10 Sport ouvre le débat sur les incertitudes entourant les Bleus. Après les cas Thierry Henry et Yoann Gourcuff notamment, place à la perception extérieure des Bleus et au poids de Domenech.

Raymond Domenech a-t-il encore les clés ? NON

Et on se demande qui les a réellement… Les Bleus n’ont pas de patron, pas de vrai capitaine, pas de vrai leader, pas de vrai sélectionneur. « Aujourd’hui, c’est ce qui manque. Le principal défaut de Domenech, c’est qu’il n’est pas le patron, regrette Daniel Bravo. Il a beau essayer de le faire croire dans la presse, je sais qu’il y a quelques joueurs qui sont les tauliers et qui font ce qu’ils veulent. Et ça ce n’est pas bien ! » Voilà peut-être pourquoi les directives d’avant match ne sont pas toujours respectées. « Les joueurs n’écoutent pas les consignes », précise notre consultant. Depuis plusieurs semaines, Raymond Domenech nous rabâche que ce sont les joueurs qui ont la clef et que c’est à eux d’assumer. « Aujourd’hui, je me dis que la responsabilité est inversée : c’est aux joueurs de montrer ce qu’ils valent » avait-il avoué dans une longue interview à Psychologies Magazine. Preuve que le sélectionneur ne se mouillera pas trop durant cette Coupe du monde. Fini les discours du style « la victoire appartient aux joueurs, la défaite à l’entraîneur ». Aujourd’hui, chez les Bleus, les joueurs sont responsables de tout, le sélectionneur ne gère plus rien. Ce sont eux qui sont sur le terrain et qui ont le pouvoir entre leurs pieds. Qu’en est-il alors de la tactique de l’équipe ? Qui la compose ? Les joueurs ? L’entraîneur ? Difficile de savoir. D’autant plus que les messages du sélectionneur ne sont pas toujours faciles à décrypter. « Domenech est un menteur. Je ne crois plus ce qu’il dit » balance Daniel Bravo. Si le sélectionneur est un menteur et que les joueurs ne l’écoute plus… le schmilblick continue.

L'équipe de France est-elle encore crédible ? NON

Depuis le 17 juin 2008, peu après 22 h et l'élimination dès le premier tour de l'Euro, le seuil de crédibilité des Bleus a rejoint celui du Modem. Non pas que Raymond Domenech soit aussi peu convaincant que le parti de François Bay(eu)rou(eu)x, ni parce que le sélectionneur a demandé Estelle en mariage devant une France en larmes et pleine de honte, mais depuis le naufrage suisse, son équipe de France nage en eaux troubles. Plan de jeu approximatif, incapacité à gagner de façon régulière (cinq défaites lors des dix-neuf derniers matches) et perte totale de lien avec le gotha mondial, comme l'a démontré la leçon espagnole lors du dernier match amical perdu par les Bleus (2-0). En plus de ne plus avoir le niveau, les Tricolores sont aussi et surtout les parias du monde entier. Depuis la main de Titi face à l'Irlande, la France a perdu ce qui lui restait de crédibilité. « Thierry Henry est un tricheur hypocrite qui a détruit sa réputation pour de bon », expliquait le Times. « La France n'a pas convaincu et a simplement sauvé les meubles », résumait Marca.

L'équipe de France fait-elle peur ? OUI

Oui, toujours. Sa crédibilité collective est en berne mais ses individualités restent parmi les plus performantes du monde. A l'image de Thierry Henry, taclé de tous les côtés pour son temps de non-jeu, mais craint par toutes les défenses adverses. Meilleur buteur de l'histoire des Bleus (51 buts) et surtout attaquant du FC Barcelone, Titi est la meilleure arme de la sélection. Franck Ribéry aussi est de cette veine là. Avant de prendre l'affaire Zahia sur le dos, il était le milieu de terrain le plus convoité du marché (et il le redeviendra après son aventure sud-africaine). Hugo Lloris, dans les buts, a vu sa cote croître de façon exponentielle après ses performances en Ligue des champions. Patrice Evra, William Gallas, Jérémy Toulalan ou encore Nicolas Anelka aussi sont, à leur poste, des références reconnues. Le Daily Mail a d'ailleurs récemment averti ses lecteurs : « N’importe quel fan censé considèrerait la France comme la bête noire du tournoi. Ils semblent en progrès malgré - plutôt que grâce - à leur entraîneur. Comme l’Argentine, ils gâchent leur talent de manière criminelle ». Des tueurs, nos Bleus ? En tout cas, ils font peur.