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Journal du sport, actualité sportive

Maradona est show

Le sélectionneur argentin accapare toutes les attentions autour de la sélection Aliceleste. La star, ce n'est pas Messi, c'est lui!

Lionel Messi, Carlos Tevez, Gonzalo Higuain, les stars argentines s'enfilent comme des perles. Même ceux qui ne jouent pas sont des cracks. Diego Milito, Sergio Aguëro, Juan Sebastian Veron... Mais à y regarder de plus près, la vraie et unique star de l'Argentine, c'est Diego Maradona !

Chaque fait, geste ou parole d'el Pibe de Oro est décortiqué, analysé et passé en boucle sur les chaînes de télévisions du monde entier. Ce qui est paradoxal avec le sélectionneur de l'Argentine, c'est qu'il est peut-être autant adulé que détesté. Dieu vivant au pays, le champion du monde (1986) a peu à peu sombré dans la déchéance jusqu'à frôler la mort en 2004. Mais les Argentins ne lui pardonnent tout. Ou presque. Car depuis qu'il a pris les reines de l'Albiceleste, il s'est attiré les foudres des supporters. En Argentine, le football est une religion. Et Maradona est son dieu. Sauf que les mauvais résultats de la sélection et le parcours chaotique en éliminatoire du Mondial ont changé la donne. El Diez est de plus en plus critiqué. Et ses dérapages verbaux ont commencé à faire désordre. Certains détracteurs demandaient sa tête. D'autres allaient même jusqu'à espérer secrètement que l'Argentine se plante complètement lors de cette Coupe du monde. C'est raté! Meilleure attaque de la compétition, l'Albiceleste se balade avec trois victoires lors des matchs de poule. Et comme en 2006, après avoir sorti le Mexique en 8e (3-1), l'Argentine va retrouver l'Allemagne en quarts avec la farouche volonté de prendre sa revanche. Ils s'étaient inclinés aux penalties (4-2) en Allemagne.

INTER : Des bisous, toujours des bisous

Le show Maradona va pouvoir continuer, au moins un match. Avant le match, Diego est décontracté. En survet, il se balade sur la pelouse, le sourire aux lèvres, tout en distillant quelques conseils à ses joueurs. Juste avant le coup d'envoi, c'est un autre homme qui apparaît. Diego a le masque. Quelques signes de croix, puis il embrasse son chapelet qu'il sert fort dans sa main droite durant toute la partie. Dès le coup d'envoi, dans son costume gris, sa cravate nouée et sa barbe bien taillée, le sélectionneur de l'Argentine est intenable dans sa zone technique. Il vit le match comme s'il était sur la pelouse. Et dès que le ballon passe à moins d'un mètre, il ne peut pas s'empêcher de la toucher, tenter une petite pichenette, comme à la belle époque. Sûr que ça lui manque. Alors il vit au travers de son équipe, qui lui rend bien.

Les 23 sélectionnés aiment leur entraîneur. On l'a encore vu lors du 8e de finale face aux Mexicains. Le double buteur Carlos Tevez a couru dans les bras de Diego pour célébrer son but. C'est le même rituel à chaque but, la même rengaine après chaque victoire. Les accolades et les bisous. Maradona leur rend bien. Quand il décide de sortir un joueur en cours de match, il lui fait également un bisou. Comme un père à son fils. Du genre : « c'est bien mon garçon. » Sauf qu'il faut se méfier des apparences. Les Argentins, qui marchent à l'affectif, sont loin d'être des enfants de coeur. Et à l'image de Gabriel Heinze, il ressemble plus à des guerriers, prêts à mourir pour leur chef. Et Diego n'attend que ça. Car il ne souhaite qu'une chose : entrer définitivement dans la légende en gagnant la Coupe du monde en tant que joueur puis entraîneur. Et là, Diego Maradona risque de devenir juste insupportable. Car Dieu n'a qu'une obsession : que ses ennemis demandent pardon!