Quand l’OM piège le PSG, «ils nous ont fait un coup bas»
Bernard Colas -
Journaliste
Passionné de sport, de cinéma et de télévision (à l’écran comme derrière) depuis son enfance, Bernard est journaliste pour le 10 Sport depuis 2018. Plus habile clavier en main que ballon au pied, il décide de couvrir principalement un sport adulé, critiqué et détesté à la fois (le football) et un sport qui n’en est pas un (le catch).

C’est l’affiche la plus attendue de la saison. Ce dimanche soir a lieu le Classique de la Ligue 1 opposant le PSG et l’OM, du côté du Parc des Princes. Si l’opposition offre généralement du spectacle, cela n’a pas toujours été le cas. Un ancien du club de la capitale s’en souvient encore…

Le public du Parc des Princes espère voir du spectacle ce dimanche à l’occasion du dernier Classique de la saison entre le PSG et l’OM, important pour les deux clubs. Les hommes de Luis Enrique doivent l’emporter pour conserver la tête de la Ligue 1 tandis que la bande à Roberto De Zerbi reste marquée par son élimination en Ligue des champions. Pour tenter de renverser le club champion d’Europe en titre, l’OM va pouvoir compter sur les gros noms de son effectif à l’instar de Pierre-Emile Højbjerg, Mason Greenwood ou encore Igor Paixão, ce qui n’a pas toujours été le cas.

« C'est devenu un match de coupe

En 2006, les dirigeants marseillais de l’époque avaient en effet pris la décision d’envoyer les stagiaires pros de son équipe B pour affronter le PSG au Parc des Princes, à cause d’un conflit entre les deux clubs concernant les supporters phocéens et la gestion de la tribune visiteuse. Les Parisiens étaient alors largement favoris, mais les Minots de l’OM avaient réussi à décrocher le point du match nul (0-0), un match dont se souvient encore Guy Lacombe, sur le banc du PSG à ce moment. « La veille de la rencontre, j'ai préparé deux équipes selon les différentes informations qui tombaient. Je pense que cela a un peu embrouillé les joueurs. On avait un peu "le cul entre deux chaises". En termes de motivation, PSG-OM est le match le plus important de la saison. Le groupe a été gêné lorsqu'il a appris que Marseille venait avec son équipe B, qui au passage n'était pas si mal que ça. Il y a sûrement eu de la décompression chez les joueurs. En fait, c'est devenu un match de coupe », expliquait Lacombe, interrogé par Eurosport en 2023.

« Les dirigeants olympiens nous ont fait un coup bas et on s'est sentis frustrés »

« C'est comme si on participait à un 32e de finale de la Coupe de France, face à une équipe qui joue à 3000%, ajoutait-il. Sur le plan défensif, ils ont été très intelligents. Nous, on n'avait pas assez de convictions et de motivation. Après le match, je n'ai pas accablé les joueurs car je savais combien ça peut être compliqué dans ces cas-là. Mais personnellement, j'ai pris cher (rires). Dans le vestiaire ? On savait qu'on avait fait un non-match. J'avais pour habitude de ne pas trop parler après les rencontres, sauf lorsqu'il fallait féliciter les joueurs. Mais ce n'est jamais très bon de parler à chaud. »

Si les Marseillais étaient logiquement ravis de ce point décroché au Parc des Princes, Guy Lacombe assure que le scénario du match avait contribué au succès du PSG face à l’OM (2-1) en Coupe de France quelques mois plus tard. « Sur ce coup-là, les dirigeants olympiens nous ont fait un coup bas et on s'est sentis frustrés. Je me souviens très bien du tirage des demi-finales de la Coupe de France : Nantes-PSG et OM-Rennes. Une fois qu'il avait été effectué, on s'était regardé avec Pedro (Pauleta) comme pour se dire : 'on tient notre revanche'. Lui non-plus n'avait pas digéré cet épisode-là. Mes joueurs s'étaient sentis floués et avaient le sentiment de ne pas avoir donné suffisamment. »

Articles liés