Gilles Favard dérape sur les réseaux sociaux - Viré de L’Équipe du Soir, le chroniqueur a récidivé : «il pouvait parfois disjoncter»
Bernard Colas -
Journaliste
Passionné de sport, de cinéma et de télévision (à l’écran comme derrière) depuis son enfance, Bernard est journaliste pour le 10 Sport depuis 2018. Plus habile clavier en main que ballon au pied, il décide de couvrir principalement un sport adulé, critiqué et détesté à la fois (le football) et un sport qui n’en est pas un (le catch).

Connu du grand public pour ses apparitions dans L’Équipe du Soir durant huit ans, Gilles Favard est au cœur d’une polémique pour un commentaire raciste visant Hiroki Sakai, ancien joueur de l’OM, publié sur le réseau social X. Une sortie qui rappelle certains dérapages du chroniqueur dans l’émission présentée par Olivier Ménard, provoquant son départ en 2022.

Une vague de changements s’annonce dans L’Équipe du Soir avec le départ de nombreux chroniqueurs emblématiques. Johan Micoud, Raymond Domenech, Eric Blanc, Régis Brouard, Jérôme Alonzo, Régis Testelin, Guillaume Dufy, Hervé Penot, Bernard Lions, Grégory Schneider, Philippe Sanfourche, Dominique Séverac ou encore Sébastien Tarrago ne seront plus présents autour de la table à la rentrée. Arrivée dans l’émission présentée par Olivier Ménard en 2014, Gilles Favard avait quant à lui été écarté dès 2022 après avoir tenu des propos polémiques sur la chaîne L’Équipe mais également sur les réseaux sociaux. L’homme d'affaires a d’ailleurs récidivé ces dernières heures.

Le dérapage raciste de Gilles Favard

En réponse à un article du site Foot Mercato sur le réseau social X concernant l’ancien joueur de l’OM Hiroki Sakai, qui a décidé de préparer sa reconversion en s'inscrivant à un MBA à l'Auckland University of Technology, l’ancien chroniqueur de la chaîne L’Équipe a dérapé avec un commentaire raciste envers le Japonais. « Mon vendeur de sushis préféré », a-t-il écrit, avant de se justifier : « Non rien, juste un pari avec un ami. » Des propos qui ont suscité un tollé, y compris dans la classe politique. « Soutien à Hiroki Sakai, victime de propos racistes inacceptables, a condamné Thomas Portes, député LFI de la 3ème circonscription de Seine-Saint-Denis. Le racisme anti-asiatique est une réalité largement sous-estimée en France et qui doit être fermement combattue ! »

Ce n’est pas la première fois que Gilles Favard est l’auteur d’un commentaire de la sorte, avec une première sortie déplacée visant l’ex-défenseur de l’OM en 2016. « Ils ont recruté un vendeur de sushis à droite », avait lâché le chroniqueur, suspendu par sa chaîne dans la foulée.

« Il pouvait parfois disjoncter. Ça, c’est dur à gérer »

Durant son passage dans L’Équipe du Soir, Gilles Favard avait multiplié les sorties controversées, jusqu’à se faire écarter définitivement par sa direction. « Ils parlent beaucoup ces Belges, ils vont vite rentrer chez eux manger des frites », lâchait-il notamment en 2021 après un match des Diables Rouges à l’Euro. « Je vous pose une question : est-ce que c’est raciste de dire que les Belges vont rentrer chez eux manger des frites ? Ce sont des expressions de footeux, on dit bien parfois que ce sont des peintres ou des tringles à rideaux », s’était défendu Favard deux ans plus tard auprès de So Foot.

Également interrogé par le magazine, Marc Las, l'ancien responsable de la rédaction de la chaîne L'Équipe, avait assumé son choix de se séparer de cette figure clivante de L’Équipe du Soir. « Gilles, c’est difficile parce qu’avant chaque émission, ça pouvait être une crème. Puis, à l’antenne, on avait beau le prévenir ou l’alerter, il pouvait parfois disjoncter. Ça, c’est dur à gérer. La confiance envers Gilles s’était un peu effritée. Il avait tout pour être un super chroniqueur, c’est pour ça qu’il est resté aussi longtemps. Ce qui a commencé à me gêner, c’est que ses débordements commençaient à être plus réguliers », expliquait-il dans les colonnes de So Foot.

« Je ne voulais plus travailler avec lui »

« Je n’ai pas maîtrisé ses suspensions. Je ne voyais pas pourquoi il devait être suspendu après l’histoire des frites, avait quant à lui réagi Olivier Ménard. Aujourd’hui, il n’est plus là à cause d’un tweet dans lequel il remettait en cause une information d’un journaliste de L’Équipe. Et comme il était dans le viseur de l’ancien patron Jérôme Cazadieu, ça a été la goutte d’eau. Je lui avais déjà sauvé les fesses dans le bureau de Cyril Linette et d’Arnaud de Courcelles. Je lui avais aussi conseillé d’arrêter de tweeter, on me disait qu’il insultait parfois les gens. »

« Le tweet, c’est le débordement de trop où il attaque publiquement un journaliste du groupe pour lequel il travaille, avait ajouté Marc Las dans So Foot. C’est une erreur énorme et c’était le cinquième ou le sixième débordement. J’assume que je faisais partie de ceux qui souhaitaient son départ, je ne voulais plus travailler avec lui. Humainement, je n’ai jamais eu aucun problème avec Gilles. »

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