Cyclisme : Vingegaard enfin au niveau de Pogacar ? Il offre une autre lecture...
Alexandre Higounet

En écrasant littéralement le Giro, Jonas Vingegaard a largement rempli la première partie du contrat qu'il s'était fixé en début de saison. Il peut désormais aborder le duel avec Pogacar sur le Tour libéré et avec la confiance au maximum, avec de surcroit la perspective d'une montée en puissance physique sachant qu'il est loin d'avoir tout donné en Italie. Beaucoup d'observateurs annoncent que Vingegaard sera réellement en mesure de lutter avec Pogacar pour le jaune cet été. Tous, sauf un...

En remportant facilement le Giro, dominant largement tous ses adversaires sans avoir à forcer son talent, Jonas Vingegaard s'est mis dans une position idéale en vue du Tour de France. Moralement, le coureur danois peut désormais aborder son duel avec Pogacar de la meilleure des manières, libéré d'une pression trop forte grâce à sa victoire en Italie et la confiance au maximum. Physiquement, le Giro lui a permis de monter en puissance sans qu'il ait à entamer ses réserves. La situation est là aussi idéale.

« Peut-on tirer des conclusions en vue du Tour ? Comme il n'y avait pas d'opposition, on ne peut pas savoir »

Bref, la perspective que le leader danois du Team Visma-Lease A Bike arrive sur le Tour à un niveau qu'il n'a pas connu depuis trois ans, voire même meilleur, apparaît sérieuse et ils sont d'ailleurs de nombreux observateurs à annoncer qu'il sera en mesure de rivaliser avec Pogacar pour le maillot jaune, Tous ? Non. Cyrille Guimard, à l'occasion de sa chronique pour cyclismactu.net, tient un discours bien moins enthousiaste. Déjà, pour lui, la concurrence sur le Giro était tellement faible que la victoire de Vingegaard n'est pas significative : « Peut-on tirer des conclusions de la victoire de Vingegaard en vue du Tour ? Dans la mesure où il n'y avait pas d'opposition, on ne peut pas savoir. Les accélérations, parce que ce n'étaient même pas des attaques, il accélérait, il s'en allait et personne ne bougeait derrière. Gall a fait sa course pour terminer deuxième. En fait, il était à l'entraînement. D'ailleurs, quand on écoute les analyses qu'il fait lui-même de sa course, il était effectivement en préparation pour le Tour de France. C'est tout de même dommage aujourd'hui quand on fait un Grand Tour et qu'on est à l'entraînement. C'est quand même extraordinaire. Mais c'est le vélo d'aujourd'hui. La seule question, c'est : qu'est-ce que ça va donner pour le Tour de France ? Peut-être que Vingegaard sera plus fort cette année qu'il ne l'était les années précédentes ».

« À aucun moment on a senti que Vingegaard pouvait rouler beaucoup plus vite alors qu'il n'avait pas d'adversité, c'est ça qui me gêne »

Pour Guimard, quand bien même Vingegaard pourrait arriver un peu mieux que les années précédentes, cela ne suffira pas pour dominer Pogacar : « Vingegaard peut-il être meilleur qu'en 2025 ? Il le dit lui-même : il s'est entraîné pour préparer le Tour. Il faut écouter les mots. Je pense qu'il sera plus fort sur le Tour de France qu'il ne l'était ces deux ou trois dernières années. Je pense que Pogacar aussi, d'ailleurs. Le résultat sera peut-être encore le même, mais je pense qu'ils seront un petit cran au-dessus. En Italie, même si ses performances dans les ascensions étaient impressionnantes, tout était trop lisse. À aucun moment on a senti qu'il pouvait rouler beaucoup plus vite alors qu'il n'avait pas d'adversité. C'est ça qui me gêne. Tout me gêne sur ce Tour d'Italie ».

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