Au-delà d'être le maître incontestable du peloton lorsque la course se joue à la pédale, Tadej Pogacar a montré depuis plusieurs années à quel point il était très fort pour matraquer mentalement ses adversaires, pour asseoir sa supériorité jusque dans leur tête, et à quel point il savait en jouer. Et on sent désormais les prémices de ce travail de sape sur Paul Seixas...

Depuis qu'il domine outrageusement le peloton international, Tadej Pogacar a montré qu'au-delà d'être le plus fort sur le vélo, il était également très fort dans l'art de matraquer mentalement ses adversaires, de les installer très vite dans une position d'infériorité, pour encrer dans leur tête l'idée qu'ils ne pouvaient rien faire pour le battre. On en a vu un exemple flagrant l'an dernier sur la troisième semaine du Tour de France, où l'équipe Visma-Lease A Bike a stoppé net sa grande offensive, persuadée qu'il n'y avait aucun espoir de renverser la table alors que le maillot jaune était alors en grande difficulté et vulnérable.
« C’était comme s’il voulait le remettre à sa place »
Avec l'éclosion de Paul Seixas, on sent que Pogacar commence son travail de sape en direction du jeune champion français. A l'occasion d'un entretien à Fetlet, Matti Breschel, le directeur sportif d'EF Education First, l'a constaté sur Liège Bastogne Liège : « C’était comme s’il voulait le remettre à sa place. Je pense que cela allait un peu plus loin que la simple victoire dans la course. Il voulait juste montrer à ce jeune gamin qui est le champion du monde. Tout le monde parlait de Seixas avant la course, tout le monde était obligé de parler de lui. Pas un coureur ne pouvait traverser la zone mixte sans qu’on lui pose de questions sur Seixas. Du coup, je pense que ça a agacé Pogacar ».
Pogacar se penche sur son nouveau rival
A l'arrivée, l'attitude sympathique, mais paternaliste, de Pogacar vis-à-vis de Seixas s'inscrivait dans la même lignée. De même avec son commentaire le lendemain sur Strava, lorsqu'il a été avéré que c'est Seixas qui avait battu le KOM de la côte de la Redoute. Pogacar avait alors lancé : « Tu as pris le KOM sur La Redoute. C'est ça qui compte vraiment ». Une remarque a priori sympathique, mais qui vise surtout à rappeler que ce qui compte vraiment, c'est de gagner Liège, et que c'est bien lui Tadej Pogacar qui l'a gagnée. Et qu'il a fait sauter le Français dans la cote de la Roche aux Faucons...