XV de France - Ce départ qui n’est pas du tout passé dans l’intimité : «Tu te fous de ma gueule ?»
Bernard Colas -
Journaliste
Passionné de sport, de cinéma et de télévision (à l’écran comme derrière) depuis son enfance, Bernard est journaliste pour le 10 Sport depuis 2018. Plus habile clavier en main que ballon au pied, il décide de couvrir principalement un sport adulé, critiqué et détesté à la fois (le football) et un sport qui n’en est pas un (le catch).

En 2020, Jefferson Poirot avait surpris en décidant de ne plus jouer avec le XV de France. Six ans plus tard, le pilier de l’Union Bordeaux Bègles s’apprête à retrouver la sélection lors de la première journée du Championnat des nations contre la Nouvelle-Zélande ce samedi. Interrogé par L’Équipe, le joueur reconnaît que sa décision de l’époque avait également étonné sa femme.

Absent depuis 2020, Jefferson Poirot s’apprête à retrouver le XV de France à l’occasion du choc contre la Nouvelle-Zélande, ce samedi 4 juillet à Christchurch (9 h 10), pour la première journée du Championnat des nations. Il y a six ans, le joueur de l’UBB avait surpris en décidant de mettre un terme à sa carrière internationale, qui va finalement connaître un nouveau chapitre dès ce week-end. Interrogé par L’Équipe, Jefferson Poirot est revenu sur la décision de l’époque.

« Ma femme a mis une bonne année à l'accepter »

« Pour tout vous dire, ma femme a mis une bonne année à l'accepter. Quand je pars à la Coupe du monde 2019, le grand a 20 mois, la petite 4, donc elle ne peut pas venir au Japon. Elle se dit : "Dans quatre ans, c'est la Coupe du monde en France, je vais pouvoir en profiter." Moi, je rentre du Japon, je lance ma réflexion sans trop lui en dire plus. Quand je lui en parle en 2020, on est en plein Covid, elle le prend de face. Elle me dit : "Ça fait cinq ans que c'était dur en équipe de France, ça commence à aller mieux et toi tu te barres ? Tu te fous de ma gueule ?" (rires). C'est vrai qu'en 2020, on fait un super début de Tournoi, il y a une belle dynamique qui s'enclenche mais je n'étais pas aligné, j'avais besoin de prendre du recul », confie l’international français, qui avait 27 ans au moment de se retirer du XV de France.

Jefferson Poirot évoque une « usure » du rugby

« Je ne sais pas si on peut parler de burn-out... Il y avait cette usure. Je pense que j'ai fait le bon choix », assume Jefferson Poirot dans les colonnes du quotidien sportif, ajoutant : « Je voulais prendre du recul. J'avais du mal à me dire que je n'étais "que" joueur de rugby. Quand il y avait une conversation avec des gens hors rugby, je n'avais rien à dire en fait. Et ça me perturbait socialement, vraiment. Je me disais : Putain, j'ai 28 ans, j'ai deux enfants, j'ai grandi dans un endroit où on n'a pas eu beaucoup, c'était difficile, et je ne voulais pas qu'ils vivent ça. J'avais ce besoin de construire l'après et je savais que ça n'allait pas être compatible avec le double projet club-équipe de France. Aujourd'hui, j'ai coché tout ce que je voulais cocher, ça m'aide au quotidien à être libéré dans mon rugby et à revenir en équipe de France totalement serein et motivé. »

Durant sa pause internationale, Jefferson Poirot a rempli ses objectifs : « J'ai monté une entreprise (en bureautique), j'ai plusieurs projets immobiliers, je bosse beaucoup là-dessus depuis six ans, après les entraînements, sur mes jours off. J'avais besoin de ce temps, ce que ne me permettait pas ma vie d'international. Aujourd'hui, ce projet tourne bien. Cela me permet d'être serein dans mon rugby car je sais où je vais ensuite. »

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