«Je ne veux plus y aller» : Harcelé et critiqué, ce joueur de Fabien Galthié a pensé à arrêter le XV de France
Bernard Colas -
Journaliste
Passionné de sport, de cinéma et de télévision (à l’écran comme derrière) depuis son enfance, Bernard est journaliste pour le 10 Sport depuis 2018. Plus habile clavier en main que ballon au pied, il décide de couvrir principalement un sport adulé, critiqué et détesté à la fois (le football) et un sport qui n’en est pas un (le catch).

Sous le feu des critiques il y a quelques années, Maxime Lucu a pris se revanche en disputant le Championnat des Nations comme capitaine du XV de France pour la première fois de sa carrière. Pourtant, le joueur de l’UBB avait songé à prendre du recul comme il le raconte dans un entretien accordé à L’Équipe.

Ce samedi matin (10h40), le XV de France affronte le Japon pour son troisième match dans le Championnat des nations. Pour cette tournée dans l’hémisphère sud, Maxime Lucu a été désigné capitaine pour la première fois de sa carrière en Bleu. Une fierté pour le demi de mêlée de l’UBB, qui est passé par des moments compliqués, comme en 2024 au moment de remplacer Antoine Dupont pour le Tournoi des Six Nations.

« J’étais très content de commencer le Tournoi et on prend une énorme claque (17-38 à Marseille face à l'Irlande). Et là, tout se déchaîne derrière, sur les réseaux sociaux. Je suis tombé dans le piège, confie-t-il dans un entretien accordé à L’Équipe. Dans les journaux, c'étaient plus des reproches sur le jeu. Les médias, je m'en fiche, ça fait partie du jeu et à la limite, si c'est constructif et que ça me permet de progresser... Le plus dur, ça a été les réseaux sociaux. Là, c'était ma personne qui était visée, ma famille, mes proches. »

« Je disais à ma famille : "Je ne veux plus y aller" et je l'ai fait ressentir dans le groupe »

« J'avais reçu des milliers de messages pendant et après le match. J'avais mon Instagram qui brûlait. Dans le bus, je posais mon téléphone sur la banquette et ça ne faisait que s'allumer, s'allumer, s'allumer. C'était ouf... Toute la nuit avait été un peu... Mais je n'avais pas le choix en fait, ça me tombait dessus. Derrière, on gagne en Écosse (20-16) mais on est critiqués parce qu'on doit perdre si l'essai de Sione Tuipulotu à la fin n'est pas refusé. On fait nul contre l'Italie (13-13)... J'étais dans le dur, puis je suis passé remplaçant (pour les deux derniers matches) et le déferlement s'est accentué. Je disais à ma famille : "Je ne veux plus y aller" (en équipe de France) et je l'ai fait ressentir dans le groupe », poursuit Maxime Lucu, profitant de son retour à Bordeaux pour se remettre les idées en place.

« Marie, ma compagne, a été énorme avec moi »

« Je suis rentré en club, ça m'a offert une bouffée d'air frais. Mais j'ai été vite rattrapé. Je loupe la pénalité de la gagne contre les Harlequins (41-42, le 13 avril 2024, en quarts de finale de Coupe des champions). Du coup, rebelote... Puis on en prend 60 en finale (du Top 14 contre Toulouse, 59-3)... J'étais le capitaine qui en avait pris 60. L'été suivant, j'ai fait reset... Marie, ma compagne, a été énorme avec moi. Je pense que je n'étais pas très intéressant à vivre. Elle m'a dit : "Il faut que tu t'accroches. l'année prochaine, ça sera ton année". Je me suis reconstruit doucement, ça a pris du temps, cinq-six mois. Je suis 24e (hors feuille de match) au début du Tournoi 2025 et il y a eu ce match contre l'Irlande (le 8 mars 2025, au Tournoi des Six nations) », conclut Lucu, faisant référence à son entrée en jeu après la grave blessure d’Antoine Dupont : « Je ne sais pas mais je voulais montrer le vrai Max. J'avais changé d'état d'esprit pour ne prendre que le plaisir d'être en équipe de France, pas la pression négative. Donc quand j'entre, je me dis que c'est le destin et que je veux juste prendre du plaisir et jouer mon rugby. Et je me suis éclaté... On les bat largement (27-42) et à la fin, au fond, je suis fier de ne pas avoir lâché. Et dans les tribunes, à l'Aviva, Marie était là… »

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