La question du salary-cap continue de faire parler en Top 14. Il y a quelques mois, Antoine Dupont avait critiqué le contrôle des salaires, trop « intrusif » selon lui. Dans un entretien accordé au journal Sud-Ouest, Laurent Marti, président de l'Union Bordeaux Bègles, est revenu sur le sujet.

Sacrée en Champions Cup l’an dernier, l’Union Bordeaux-Bègles a récidivé cette saison en l’emportant face aux Irlandais du Leinster. Désormais, le grand objectif du club est le Bouclier de Brennus, mais pour faire bonne figure sur les deux tableaux, l’effectif de l'UBB doit être renforcé, et le président Laurent Marti est contraint de composer avec le salary-cap, fixé à 10,7 millions par saison pour les formations de Top 14.
« Pour l’instant, on y arrive parce que le salary-cap augmente »
Dans un entretien accordé à Sud-Ouest, le président de l’UBB est revenu sur la stratégie de son club en la matière, et notamment le système de calcul des crédits salary-cap. « C’est déjà compté. Il y aura huit internationaux sur la liste premium, peut-être même neuf, a-t-il confié. C’est ce qui nous aide à formuler des offres et à faire un recrutement qui tient la route. Il faut aussi que les joueurs comprennent qu’ils ne peuvent pas tout demander pour eux. Ils ont la chance d’évoluer dans un club compétent, sain, qui progresse, qui est ambitieux. »
Laurent Marti se veut confiant pour la suite malgré la contrainte du salary-cap : « Il y a deux ans, j’avais dit à Yannick Bru avoir peur qu’on n’arrive pas à garder tout le monde. Pour l’instant, on y arrive parce que le salary-cap augmente. »
Antoine Dupont avait dénoncé un salary-cap « trop intrusif »
Il y a quelques mois, Antoine Dupont avait mis les pieds dans le plat en dénonçant un salary-cap « trop invasif » pour les joueurs. « Les règles du salary-cap nous empêchent d'utiliser notre image individuelle à travers des contrats de pub classiques », avait critiqué le capitaine du Stade Toulousain, dans des propos accordés à l'AFP, au Monde et à SportBusiness Club. Et d’ajouter : « Il y a 4-5 ans, il n'y avait pas de sujet. Aujourd'hui, la majorité des joueurs de l'équipe de France se sentent restreints par ce système. (…) On nous demande de citer tous nos partenaires, même ceux qui ne sont pas liés au club. Ils veulent connaître à la limite tout notre patrimoine. On arrive dans une chasse aux sorcières où ils veulent démasquer les tricheurs, mais ça en devient ridicule. (…) Les joueurs, qui sont au centre de cette économie, ne profitent pas de cette croissance : les salaires stagnent ou baissent et on ne peut pas exploiter notre image. Ça commence à faire beaucoup ».
Depuis, le syndicat Provale a proposé l’instauration du système de « Marquee Player » inspiré du championnat anglais, permettant aux clubs de choisir deux joueurs, un JIFF et un étranger, dont une grosse partie du salaire n’est pas prise en compte par le salary-cap. Une idée qui ne convainc pas Laurent Marti. « Moi, je m’y suis toujours opposé parce que je trouve que c’est anti-rugby, estime le boss de l’UBB auprès de Sud-Ouest. Le « marquee player » c’est choisir le joueur qui te semble être le meilleur et le payer sans limite. Ce même joueur n’est pas forcément le meilleur l’année d’après. Et puis c’est contraire à l’esprit d’un vestiaire : les gars savent très bien qu’ils jouent avec des mecs mieux payés qu’eux. »