«Un peu énervé et déçu», Kylian Mbappé avait provoqué un transfert à l’OM ?
Hugo Chirossel -
Journaliste
Passionné de football depuis le plus jeune âge, devenir journaliste sportif est rapidement devenu une évidence pour Hugo. Il se découvrira plus tard un amour pour la NBA, avant d’explorer d’autres horizons comme ceux de la Formule 1 et de la NFL.

Lors de la saison 2016-2017, Kylian Mbappé se révélait aux yeux du monde entier sous les couleurs de l’AS Monaco, à seulement 17 ans. L’explosion de l’actuel capitaine de l’équipe de France a en revanche fait une victime. Un joueur à qui l’attaquant du Real Madrid a pris la place et qui a fini par rejoindre l’OM l’été suivant.

Formé à l’AS Monaco, avec un passage en prêt à l’OGC Nice lors de l’exercice 2015-2016, Valère Germain était aux premières loges afin de voir l’éclosion de Kylian Mbappé. Celui qui a annoncé mettre un terme à sa carrière de joueur professionnel au début de l’année 2026 a aussi été sa victime. Alors qu’il était titulaire aux côtés de Radamel Falcao en début de saison (2016-2017), il a peu à peu vu Kylian Mbappé lui prendre sa place.

Germain revient sur le moment où Mbappé lui a pris sa place à l’AS Monaco

« J’en avais déjà entendu parler, la saison avec Ranieri où on fait notre première épopée en Ligue des champions. Mais l’année où il commence à s’entraîner avec les pros, je suis à Nice. Du coup, je suivais forcément encore les matchs du club, je crois que Kylian Mbappé avait commencé en Ligue Europa. Je regardais les matchs et bien sûr que c’était déjà impressionnant. Et quand je reviens, j’ai mis un peu de temps à faire sa connaissance », s’est souvenu Valère Germain dans le podcast Kampo, animé par le journaliste Smaïl Bouabdellah. « Il n’est pas avec nous pendant la préparation. Il revient pour le premier match de championnat. Moi, je suis suspendu, Falcao est blessé, donc il est aligné, mais au bout de 20 minutes, il se prend un coup sur la tête et commotion cérébral. Comme il avait moins de 18 ans, je crois qu’il a un protocole de deux mois à respecter. Donc pendant deux mois, il est éloigné des terrains. À partir du moment où il revient, tu vois de suite qu’il y a quelque chose de différent chez ce jeune joueur, qui est jeune, mais en même temps très sûr, très serein. T’as l’impression qu’il a déjà quelques années de carrière. Il est toujours souriant, tout parait facile, il ne se cache pas. Il est d’abord sur le banc, troisième attaquant, parce que le coach, Jardim, faisait vraiment confiance à sa doublette Falcao et moi. En même temps, ça se passait très bien pour tous les deux donc il n’avait pas à changer. »

« J’avais un peu de frustration, mais quelques années plus tard, il avait tout à fait raison le coach »

« Il rentre en cours de match, les matchs de Coupe il jouait titulaire. Il poussait, il poussait et à partir de mi-février, ce match à Manchester City. C’est la première fois que le coach fait le choix de le mettre à ma place. On perd 5-3 là-bas, match de fou, première fois titulaire en Ligue des champions, il marque le premier ou le deuxième but. Moi, j’ai la chance que Falcao se blesse pendant un mois après ce match, donc je continue à jouer avec Mbappé. À partir de mi-mars, quand Falcao revient, je m’assois sur le banc et je prends le rôle de doublure », a poursuivi Valère Germain, qui a avoué avoir été frustré par cette situation, bien qu’il la comprenne aujourd’hui. Ayant perdu sa place à l’AS Monaco, il avait finalement décidé de prendre la direction de l’OM à l’été 2017 : « Sur le moment, t’as un peu piqué, forcément. Tu te dis que tu fais toute la saison et quand vont arriver les beaux matchs, les matchs à enjeu, tu vas être sur le banc. T’es un peu énervé, déçu, sur le coup. Je parle au coach, mais en même temps, qu’est-ce que tu vas lui dire ? Mbappé, tout jeune qu’il est, il marque à tous les matchs, en Ligue des champions et en championnat. En huitièmes, il marque à l’aller et au retour contre Manchester City, quarts de finale, il marque à l’aller et autour contre Dortmund, il marque "qu’au" retour contre la Juve. J’avais un peu de frustration, mais quelques années plus tard, il avait tout à fait raison le coach. Il aurait été fou de ne pas le mettre. Si on était passé à côté du titre… C’est tombé sur moi, ça aurait pu tomber sur quelqu’un d’autre. Il est arrivé, il était phénoménal et tout le monde l’aurait mis. »

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