Bruno Genesio était prévenu avant même d’accepter de venir, il va devoir composer avec des moyens financiers très limités à l’OM. Une situation qu’a connue Elie Baup il y a 14 ans, après le départ de Didier Deschamps. Et malgré un mercato au rabais, il avait tout de même réussi à terminer à la deuxième place de Ligue 1 et à qualifier le club en Ligue des champions.

Il y a 14 ans, Didier Deschamps quittait l’OM, au terme d’une saison marquée par un quart de finale de Ligue des champions face au Bayern Munich, une troisième Coupe de la Ligue consécutive, mais aussi une décevante 10e place en Ligue 1. Parti prendre les rênes de l’équipe de France, il avait été remplacé par Élie Baup, dans un contexte plus au moins similaire à celui d’aujourd’hui, en tout cas d’un point de vue économique.
« La mentalité du groupe s'est vraiment révélée dans ces premières semaines »
« Je savais que la saison d'avant avait été difficile, il y avait le classement, bien sûr, mais aussi l'ambiance autour du club. Les choses étaient très claires : je savais que le club devait vendre, je savais que plein de joueurs allaient partir comme, Cesar Azpilicueta ou Alou Diarra. Le groupe était encore en mouvement entre les retours de prêts, les jeunes qui étaient montés et les joueurs qui voulaient se relancer après une saison compliquée », s’est souvenu l’ancien entraîneur de l’OM, dans un entretien accordé à L’Equipe. « Sur quels ressorts j’avais joué ? L'orgueil, ils avaient déjà tous ça en eux, les Mandanda, Valbuena, André Ayew, Gignac, Fanni ou Nkoulou. Ils avaient l'expérience, la connaissance du haut niveau ou du club. Ils avaient envie de montrer un autre visage, ils voulaient prouver qu'ils étaient toujours attachés à l'OM. Un joueur m'avait marqué : Azpilicueta. Il savait bien qu'il allait quitter le club mais il avait joué les deux ou trois premiers matches avec nous, à fond, comme toujours avec lui. Souvent, les joueurs qui doivent partir s'économisent, font une préparation tranquille. Pas lui. Il avait vraiment été un exemple pour tout le monde, je crois. La mentalité du groupe s'est vraiment révélée dans ces premières semaines. »
« La première idée, c'était vraiment de faire une prépa très, très forte »
« La première idée, c'était vraiment de faire une prépa très, très forte », a expliqué Élie Baup. « Je me souviens d'ailleurs que (André-Pierre) Gignac avait dit ensuite qu'il n'avait jamais travaillé aussi dur. On a beaucoup insisté sur l'abnégation, des choses simples. Et comme il n'y avait pas beaucoup de concurrence, avec des joueurs qui partaient sans arrêt, une ossature s'est vite dégagée. On a pu travailler sur les bases, les automatismes. Mais il fallait avoir beaucoup d'humilité également, surtout après la saison précédente, et moi aussi, je n'allais pas faire le mariole, je prenais quand même la succession de Didier Deschamps. » Selon Élie Baup, avoir peu de recrues peu aussi s’avérer être un atout, afin éviter les attentes autour des indemnités de transfert et les regards « de travers dans le vestiaire. Il peut y avoir ce côté narcissique, chacun dans son coin. Cette saison-là, on n'a pas été confrontés à ce genre de problème, il y a tout de suite eu ce côté humain qui m'a énormément plu. »
« Pour eux, la pression, l'environnement, le poids du maillot, c'était leur vie »
Cette saison-là, l’OM avait été éliminé dès la phase de groupes de la Ligue Europa, ce qui avait allégé son calendrier. Élie Baup et ses joueurs s’étaient aussi appuyés sur une série de six victoires consécutives qui les a « vraiment lancés et nous a permis de rapidement avoir le Vélodrome derrière nous. Je me rappelle des buts de Gignac, son doublé contre le PSG (2-2), d'un état d'esprit incroyable, d'une unité dans le vestiaire, les mecs étaient soudés. Pour eux, la pression, l'environnement, le poids du maillot, c'était leur vie, ils avaient envie de ça, envie d'être là. C'est peut-être simple à dire, mais c'est la vérité. » Reste à savoir si Bruno Genesio réussira à appliquer la même recette cette saison avec l’OM.