Au cours de sa carrière de joueurs puis d'entraineur, Didier Deschamps a eu quelques accrochages assez importants avec ses collègues. Mais aucun n'a jamais semblé pouvoir éclipser celui qui a eu lieu à l'Olympique de Marseille, dont le Français a été le coach de 2009 à 2012.

À l’OM, certaines rivalités dépassent largement le cadre du football. Celle entre Didier Deschamps et José Anigo en est l’un des exemples les plus marquants. Entre 2009 et 2012, l’entraîneur et le directeur sportif du club phocéen se sont livré une guerre qui finira par contribuer au départ de Deschamps. Et des années plus tard, la rancœur semble rester intacte...
Deschamps et Anigo, irréconciliables ?
Toute cette histoire a commencé avant même l'arrivée du technicien français à Marseille, en 2009. Le président Jean-Claude Dassier avait en effet l'intention de trouver une place dans l'organigramme du club à Jean-Pierre Bernès, agent et conseiller historique de Didier Deschamps. Or, Anigo s'y était fermement opposé et avait même mis son avenir en jeu, expliquant que c'était soit lui soit le fameux agent... qui finira finalement par débarquer. Pas officiellement, puisqu'il n'aura aucun poste au club, mais plutôt dans un rôle assez obscur de conseiller, ce qui alimentera n'a pas manqué d'alimenter les tensions et de véritablement lancer la guerre.
« On ne peut pas toujours dire c'est la faute de untel ou de untel et de jouer à Calimero
Jusqu'en octobre 2011, cette guerre est surtout faite d'indiscrétions et de questionnements au sujet d'éventuels problèmes d'influence au sein de l'OM. Mais elle éclatera finalement aux yeux du public après une victoire contre Ajaccio (2-0), lorsque José Anigo décida d'attaquer frontalement son entraineur avec une phrase devenue célèbre. « On ne peut pas toujours dire c'est la faute de untel ou de untel et de jouer à Calimero » avait-il déclaré, avant d'ajouter : « Moi, je ne joue pas, je ne fais pas l’équipe, je ne m’en mêle pas au quotidien ». Plusieurs sources confirmeront à l'époque que cette guerre durait depuis deux ans et qu'il n'était donc qu'une question de temps avant qu'elle ne devienne publique.
« Il me déteste, je le déteste »
S'en suivent des mois extrêmement compliqués, avec Didier Deschamps qui aurait accusé José Anigo de lui savonner la planche, tentant même de le pousser vers la sortie selon Le Parisien. Finalement, c'est bien l'entraineur qui est parti le premier en 2012, mais évidemment l'histoire ne s'est pas arrêtée là. Par médias interposés, les deux hommes ont continué à s'envoyer des piques, avec Deschamps qui a notamment accusé son adversaire d'être le principal coupable de son départ de l'OM. Jusqu'à ce qu'en 2016, Anigo lâche finalement le morceau sur RMC en déclarant : « Il me déteste, je le déteste ». Pourtant, il avouera quelques années plus tard que le principal fautif n'était autre que Jean-Pierre Bernès, qui aurait « foutu un bordel monstre » entre lui et celui qui avait déjà tourné la page, en s'engageant avec l'équipe de France.