Le «secret» de Nelson Monfort qui a fasciné les téléspectateurs durant toutes ces années
Bernard Colas -
Journaliste
Passionné de sport, de cinéma et de télévision (à l’écran comme derrière) depuis son enfance, Bernard est journaliste pour le 10 Sport depuis 2018. Plus habile clavier en main que ballon au pied, il décide de couvrir principalement un sport adulé, critiqué et détesté à la fois (le football) et un sport qui n’en est pas un (le catch).

Personnalité très appréciée du grand public par son style reconnaissable, officiant durant 37 années sur France Télévisions, Nelson Monfort s’est notamment distingué par sa capacité à dialoguer naturellement avec les plus grands sportifs internationaux. Il y a quelques années, le journaliste avait été interrogé sur son « secret » pour réussir dans l’exercice.

Figure emblématique du journalisme sportif pendant plusieurs décennies sur le service public, Nelson Monfort a quitté France Télévisions après les Jeux Olympiques de Paris en 2024, sentant que le moment était venu pour lui de raccrocher. « Je ne me voyais pas continuer à interviewer des joueurs jusqu’à 80 ans », estimait celui qui a fêté en mars dernier ses 73 ans. Connu du grand public pour ses commentaires passionnés, Nelson Monfort s’illustrait également lors des grands rendez-vous internationaux pour ses interviews avec des athlètes venus du monde entier. Polyglotte, il avait été interrogé en 2011 par un internaute du site 20 Minutes sur son « secret » afin de « parler couramment toutes les langues ».

« L'apprentissage des langues n'a jamais été un calvaire pour moi »

« Entretenir l'oreille et le vocabulaire, oui. Surtout la lecture des journaux étrangers, révélait l’ex-journaliste sportif de France TV d'origines anglo-saxonnes. Le Herald Tribune est un journal international que j'apprécie beaucoup ABC en espagnol. Je regarde des chaînes comme CNN ou TVE également. C'est très important et en même temps, c'est un plaisir. L'apprentissage des langues n'a jamais été un calvaire pour moi. Mais un vrai plaisir. »

De quoi lui permettre de pouvoir parler cinq langues. « Pour discuter et répondre, l'italien et l'allemand peuvent s'ajouter aux trois langues que je parle déjà, l'anglais, l'espagnol et le français, ajoutait-il dans cet entretien rapporté par 20 Minutes. Le premier respect du au téléspectateur est de bien s'exprimer en français. Je suis très attaché à la bonne utilisation de la langue française. J'aurais aimé avoir des notions de russe. Je suis un grand admirateur de la littérature russe. Mais c'est peut-être un peu tard maintenant. »

Nelson Monfort avait répondu aux critiques

Malgré ses qualités indéniables, Nelson Monfort a parfois amusé, ou agacé, par quelques maladresses au moment de traduire les propos tenus par des sportifs. En 1995, il avait confondu "Jésus", cité par Michaël Chang après sa défaite en finale de Roland-Garros contre Thomas Muster, et "Luigi". Et lorsqu’Usain Bolt remercia son sponsor Puma en 2014, le natif de Boulogne-Billancourt avait lâché à l’antenne : « je crois qu'il dit qu'il a envie de fonder une famille ».

« C'était au championnat d'Europe à Zurich et il y avait un brouhaha terrible dans le stade, et moi, j'entends « family », et lui, il parlait de la « Puma family », et moi, avec « family », j'ai pensé à la famille, s’était-il défendu en 2018, dans les colonnes du Point. Mais bon, il faut aussi se remettre dans le contexte. Tu as 20 000 personnes qui hurlent parce qu'ils voient Bolt et un speaker suisse-allemand qui hurlait lui aussi. Bref, il y avait un boucan du diable. Je n'ai jamais trahi les propos d'un médaillé d'or. Jamais. La traduction, c'est un truc à moi. Je me défends de faire une traduction littérale, sinon on fera appel à un interprète de l'ONU. C'est plus dans l'esprit. Je suis un interprète d'émotions. »

« Je demande avant si la personne est d'accord, ce qui évite ces altercations »

Quelques années auparavant, Nelson Monfort avait savouré le fait de n’avoir « jamais connu d'altercation avec des sportifs », en veillant toujours à demander « avant si la personne est d'accord » pour éviter tout problème. « Je n'y vais pas avec mes gros sabots. On ne brandit pas le micro sur les athlètes », précisait celui qui a essuyé quelques refus. « Les soeurs Williams, par exemple, ont parfois refusé », avait-il révélé sur le site de 20 Minutes. Carl Lewis, lui, avait accepté aux Jeux Olympiques de Barcelone en 1992 malgré un contexte difficile. « Il a fait référence à son père qui venait de le quitter. Avec une médaille d'or olympique autour du cou, c'était un souvenir très très fort », s’était souvenu Nelson Monfort, qui officie désormais occasionnellement sur CNews pour commenter l’actualité. Le journaliste a également décidé de monter sur les planches avec son acolyte Philippe Candeloro pour la pièce "Ça patine à Tokyo".

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