Il y a presque 30 ans, quelques mois après avoir remporté la Coupe du monde avec l’équipe de France, dont il est désormais le sélectionneur, Zinedine Zidane s’était confié sur ses premiers achats lorsqu’il a commencé à bien gagner sa vie grâce au football. Au-delà des petits plaisirs personnels, il avait surtout un objectif en tête depuis longtemps : acheter une maison à ses parents.

Né à Marseille, où il a grandi dans le quartier de La Castellane, puis passé par Cannes et Bordeaux, Zinedine Zidane a changé de dimension en 1998. Il évoluait déjà depuis deux ans à la Juventus, mais c’est le sacre de l’équipe de France à la Coupe du monde, son doublé inscrit en finale face au Brésil, puis son Ballon d’Or, qui en ont fait l’une des personnalités préférées des Français. Un nouveau statut qui lui a également permis de gagner beaucoup d’argent, ce qu'il avait déjà commencé à faire.
« Je me rappelle très bien de la première grosse prime que j’ai eue »
« Je me rappelle très bien de la première grosse prime que j’ai eue. Je touchais 1 200 francs. C’était surtout m’acheter deux-trois jeans Levi's quoi (rires) », confiait Zinedine Zidane en novembre 1998, quelques mois après la victoire de l’équipe de France à la Coupe du monde, dans un entretien accordé à Mireille Dumas pour France 2. Quand il a commencé à avoir des revenus confortables, le nouveau sélectionneur des Bleus a surtout pu offrir à ses parents une chose dont il rêvait depuis longtemps.
« La chose la plus importante, c’était que mes parents aient une maison un jour »
« La chose qui me faisait rêver et que j’ai pu me payer ? Que j’ai pu offrir à mes parents. C’était la maison de mes parents. C’était un truc que j’ai toujours eu dans ma tête. La chose la plus importante, c’était que mes parents aient une maison un jour, avec un petit jardin. Mon père, c’était ça : il fallait qu’il ait un jour son jardin. Et fini les appartements, rentrer, ne pas avoir de petit chez soi », poursuivait Zinedine Zidane. En ce qui le concerne, ce dernier voulait simplement « une belle voiture. C’était acheter une voiture. Mais pourquoi... parce que je les ai toujours eues en miniature. Et encore, toujours eues… »
« Je ne dis pas qu’on peut réussir à 100%, mais il ne faut pas dire que l’on n’a pas le choix »
« Je pensais connaître la gloire et gagner autant d’argent ? Non, ça, non. On les regardait à la télévision avec mes frères, on disait : “Eux, ils sont là-bas, à la télé, et nous, on ne peut que les regarder. On restera toujours de notre côté.” Au départ, c’était comme ça », ajoutait Zinedine Zidane, qui espérait déjà à l’époque inspirer des jeunes issus de quartiers défavorisés, comme lui : « Il y en a beaucoup dans les quartiers défavorisés qui peuvent le faire. Moi, j’ai envie de leur dire tout ça, dans mon quartier, je le fais. C’est sûr qu’on ne peut pas le faire de partout, mais ce que j’ai envie de leur dire quand je les vois, c'est ça : foncez dans ce que vous avez envie de faire. Parce qu’aujourd’hui, on a le choix. Je sais que c’est facile de dire ça pour moi parce que je suis là où je suis maintenant. Il y a pas mal de personnes qui diront : “C’est facile de dire ça.” Moi, j’ai commencé de rien. J’ai foncé dans ce que j’avais envie de faire. Je ne dis pas qu’on peut réussir à 100%, mais il ne faut pas dire que l’on n’a pas le choix. C’est ça que je veux dire. »