Apparu pour la dernière fois sous le maillot bleu en 2006, à l’occasion de la Coupe du monde en Allemagne, Zinédine Zidane retrouve l’équipe de France comme sélectionneur, succédant à Didier Deschamps. Pour l’ancien meneur de jeu, c’est l’occasion d’ouvrir un nouveau chapitre dans sa carrière, vingt ans après sa sortie ratée et ce coup de boule à Marco Materazzi en finale. Un épisode qui l'a marqué.

Vingt ans après, Zinédine Zidane va retrouver l’équipe de France. Mais cette fois-ci, ce n’est pas avec le numéro 10 dans le dos que l’enfant de la Castellane va défendre les couleurs de son pays, mais comme entraîneur. L’ancien meneur de jeu a officiellement été intronisé comme sélectionneur en lieu et place de Didier Deschamps et va entamer ce nouveau chapitre dès le mois de septembre avec la Ligue des Nations. D’abord à l’extérieur, Turquie (le 25) puis en Belgique (le 28), avant deux matches au Stade de France contre l'Italie (2 octobre) et de nouveau face à la Belgique (5 octobre).
Pour Frédéric Hermel, ancien correspondant de RMC et L’Équipe en Espagne qui a eu l’occasion de côtoyer Zinédine Zidane à Madrid, cette nouvelle aventure sur le banc de touche pourrait s’expliquer par un événement bien particulier dans la vie du Ballon d’Or 1998. « Il y a une théorie que je propose dans la biographie que j’ai consacrée à Zidane qui est : s’il n’y avait pas eu le coup de boule en finale de la Coupe du monde 2006 face à l’Italie, s’il n’avait pas raté sa sortie en Bleus, je pense qu’il n’y aurait pas eu de Zidane sélectionneur. Je pense même qu’il n’y aurait jamais eu de Zidane entraîneur », a-t-il affirmé.
La sortie ratée de Zinédine Zidane avec l’équipe de France
Impossible en effet de ne pas mentionner le craquage du Français le soir du 9 juillet 2006 au moment d’évoquer sa carrière de footballeur. A la 110e minute de la finale de la Coupe du monde entre la France et l’Italie, Zinédine Zidane est expulsé pour avoir asséné un coup de tête sur la poitrine de Marco Materazzi. « Je préfère ta p*tain de sœur », a lancé l’Italien, dévoilant cette phrase dans sa biographie.
« Je ne suis pas fier mais ça fait partie de mon parcours »
« Il a déclenché quelque chose en parlant de ma sœur Lila. L’espace d’une seconde, et c’est parti… Mais après, il faut accepter. Je ne suis pas fier mais ça fait partie de mon parcours. À ce moment-là, j’étais plus fragile. C’est parfois dans ces moments que tu peux faire quelque chose qui n’est pas bien », avait regretté Zinédine Zidane en 2022, dans un entretien accordé à L’Équipe. Le nouvel entraîneur des Bleus confirmait par ailleurs la version du champion du monde italien : « Ce jour-là, ma maman est très fatiguée. J’ai plusieurs fois ma sœur au téléphone dans la journée. Je sais que ma maman n’est pas bien mais ce n’est pas très grave non plus. Ça m’interpelle néanmoins. Je reste quand même concentré. Mais ce sont des choses qui se bousculent. La pression, ceci, cela. Lui (Materazzi), il ne me parle pas de ma mère. Il a souvent dit qu’il n’avait pas insulté ma mère. C’est vrai. Mais il a insulté ma sœur, qui était auprès de ma maman à ce moment-là. Sur un terrain, il y a déjà eu des insultes. Tout le monde se parle, parfois mal, mais tu ne fais rien. Là, ce jour-là, il s’est passé ce qu’il s’est passé. »
Zidane « préfère mourir » que demander pardon à Materazzi
Zinédine Zidane n’a jamais pardonné à Marco Materazzi et n’est pas près de le faire si l’on en croit cette sortie faite auprès du journal espagnol El Pais en 2010. « Je demande pardon au football, aux supporters, à l'équipe... Après le match, je suis entré dans le vestiaire et je leur ai dit: "Pardonnez-moi. Cela ne change rien mais je vous demande pardon". Mais à lui (Materazzi) je ne peux pas. Jamais, jamais... Ce serait me déshonorer... Je préfère mourir », confiait Zizou, dans des propos rapportés par L’Équipe.
« Si ça avait été Kakà, un type normal, un type sympa, bien sûr que j'aurais demandé pardon. Mais à ce type-là … Sur un terrain, il se passe beaucoup de choses. Ça m'est arrivé très souvent. Mais là je n'ai pas pu me contenir, ajoutait à l’époque Zinédine Zidane. Parce qu'en plus... Ce n'est pas une excuse. Mais ma mère était malade. Elle était à l'hôpital. Les gens ne le savaient pas. Mais c'était un mauvais moment. Plus d'une fois ils ont insulté ma mère et je n'ai rien dit. Mais là… »