Intouchable au Tour de Suisse, qu'il a écrasé de bout en bout, Tadej Pogacar apparaît plus fort que jamais à quelques jours du Grand Départ du Tour de France. Comment faire pour espérer contrarier ses plans ? Allan Peiper, directeur sportif du Slovène chez UAE lors de sa première victoire à Paris et aujourd'hui chez Red Bull-Bora-Hansgrohe, livre son analyse.

A moins d'une semaine du départ du Tour de France, Tadej Pogacar apparaît littéralement injouable. Lors du Tour de Suisse, le champion slovène est apparu plus fort que jamais, à un niveau hors d'atteinte du peloton international. Comment dès lors imaginer le battre ? Allan Peiper a été le directeur sportif de Pogacar lors de sa première victoire dans le Tour de France. Aujourd'hui chez Red Bull-Bora-Hansgrohe, il encadre Remco Evenvepoel et Florian Lipowitz.
« Laisser Pogacar avec une minute d’avance tout en maintenant un rythme soutenu, plus soutenu que ce qu’il souhaiterait »
A l'occasion du podcast De Koffiestop, Peiper a été interrogé sur la marche à suivre pour espérer perturber Pogacar, et il a livré son analyse, dans des propos rapportés par cyclinguptodate.com : « C’est très difficile, car Tadej a perfectionné une tactique qui consiste à lâcher tout le monde de sa roue, à creuser l’écart, puis à maintenir une avance d’une minute. Ses poursuivants se rapprochent un peu, et il remet alors un coup d’accélérateur. Il s’alimente et s’hydrate bien. Personne n’arrive à combler l’écart ». Pour Peiper, la base est de ne surtout pas chercher à suivre Pogacar lorsqu'il attaque, mais bien d'essayer de le gérer à distance en misant sur le collectif.
« Il faut assurément un collectif solide »
Il poursuit : « Lorsque Pogacar attaque, mieux vaut faire comme Remco et éviter de se faire exploser. On rassemble ses troupes, mais on ne roule pas pour le rattraper tout de suite. On le laisse avec une minute d’avance tout en maintenant un rythme soutenu. Plus soutenu que ce qu’il souhaiterait. Pour cela, il faut une équipe solide. S’il attaque à 100 kilomètres de l’arrivée, on a plus de chances de le contrer que s’il part à 40 kilomètres ». Même si la marge de manoeuvre est réduite, le seul espoir serait donc de le laisser s'épuiser devant, à l'image de ce qu'il s'était passé lors des Mondiaux de Zurich, comme l'a relevé Serge Pauwels, le sélectionneur de la Belgique : « À Zurich, il y avait une chance de le battre, car il est en quelque sorte tombé dans le piège en lançant son effort à 100 kilomètres de l'arrivée. Il a bel et bien marqué le pas dans le dernier tour, mais il a tout de même réussi à s'imposer ». Le problème, c'est que si cette tactique peut s'avérer pertinente pour une classique, elle est moins adaptée à un Grand Tour, où Pogacar court logiquement plus à l'économie et peut s'appuyer sur des arrivées au sommet pour faire de gros écarts sans avoir à partir dans de très longs raids.