Alors que pour beaucoup d'observateurs, aligner Paul Seixas dès cette saison sur le Tour de France est une opération risquée, tant d'un point de vue sportif que mental, Marc Sergeant, l'ancien coureur et directeur sportif, livre lui une analyse radicalement différente de la situation, qui tranche avec les discours habituels...

Alors que l'équipe Décathlon-CMA CGM doit officialiser la semaine prochaine la participation ou non de Paul Seixas au prochain Tour de France, le débat fait rage dans l'univers du cyclisme. En France, de nombreuses voix importantes se sont élevées pour inciter le Français à patienter un an, de Cyrille Guimard à Bernard Hinault en passant par Pierre Rolland.
« Seixas n'abordera jamais le Tour avec moins de pression que cette année »
Sur le plateau de la chaîne L'Equipe, Pierre Rolland, consultant pour le média, n'a pas caché son point de vue, expliquant dans des propos relayés par sports.fr : « Paul Seixas a pris une minute sur Pogacar dans le final de Liège Bastogne Liège. Sur le Tour, ça ferait un quart d’heure sur trois semaines. Je lui conseillerais plutôt d’apprendre en gagnant. Qu’il aille gagner la Clasica San Sebastian, le Tour de Pologne et la Vuelta, et qu’il revienne sur le Tour avec l’expérience d’avoir fait une Vuelta et d’avoir porté le maillot de leader ».
« L'expérience qu'il peut acquérir cette année est d'une importance capitale »
A l'inverse de ces analyses, l'ancien coureur et directeur sportif Marc Sergeant estime au contraire que c'est l'année ou jamais pour que Paul Seixas puisse découvrir le Tour de France dans de bonnes conditions. Il a ainsi expliqué au Het Nieuwsblad, dans des propos relayés par Wielerflits : « Seixas n'abordera jamais le Tour avec moins de pression que cette année. Il est intouchable, justement parce qu'il est encore si jeune. Si les choses tournent mal, il pourra toujours dire : “C'était peut-être un peu tôt, mais je suis là pour apprendre”. Car s'il participe à son premier Tour à 21 ans et que cela déçoit, on s'empressera de dire : “Il est professionnel depuis trois ans et il se plante encore !” Il ne pourra plus jamais aborder la saison avec des attentes aussi faibles. L'expérience qu'il peut acquérir cette année est d'une importance capitale. Le Tour est un spectacle unique en son genre. Il peut tout découvrir maintenant ».