Après ses deux victoires sur Milan San Remo et le Tour des Flandres, Tadej Pogacar voit s'ouvrir une opportunité peut-être unique de remporter les cinq Monuments en une saison, un exploit jamais réalisé dans l'histoire. Mais pour Sean Kelly, quand bien même il a dominé Van der Poel dans les monts Flandriens, le Slovène ne parviendra pas à résoudre l'équation de Paris-Roubaix...

Dimanche dernier, comme on pouvait s'y attendre, Tadej Pogacar a une nouvelle fois imposé sa domination au Tour des Flandres, concassant au fil des monts tous ses adversaires, jusqu'au dernier à tenir sa roue Mathieu Van der Poel, pour l'emporter seul à l'arrivée, pour la troisième fois en quatre participations. Après sa victoire sur Milan San Remo il y a trois semaines, le double champion du monde est toujours en course pour remporter les cinq Monuments en une saison, un exploit stratosphérique jamais réalisé à ce jour.
« Paris-Roubaix, c'est une toute autre histoire que le Tour des Flandres »
Mais pour y parvenir, le Slovène doit lever les bras dimanche prochain sur le vélodrome de Roubaix, obstacle principal dans sa quête des cinq Monuments. Pour le surmonter, Tadej Pogacar devra faire la différence sur les pavés, sans montée pour matraquer ses concurrents. Pour Sean Kelly, ancien grand spécialiste des classiques flandriennes, le Slovène ne parviendra pas à tirer son épingle du jeu face aux spécialistes des pavés. A l'occasion d'un entretien à TNT Sports, relayé par cyclinguptodate.com, Kelly a ainsi analysé : « Paris-Roubaix, c'est une toute autre histoire que le Tour des Flandres. La tactique est primordiale : comment rouler sur les pavés, où rouler, et il n'y a pas ces ascensions redoutables. Ce n'est pas une question de puissance brute, mais de puissance progressive sur tous les secteurs pavés ».
« Les pavés avantagent les coureurs plus grands et plus lourds, la puissance pure compte davantage »
Pour Sean Kelly, il sera beaucoup plus difficile pour Pogacar de s'isoler à l'avant : « Beaucoup plus de coureurs vont entrer en jeu. Pour Tadej, se débarrasser de tous ces coureurs qui s'accrochent à sa roue à l'abris, ce sera très difficile. Pour la victoire ? Mathieu Van der Poel je pense ». A l'occasion de la discussion sur TNT Sports, le journaliste Matt Stephens abonde dans ce sens : « Sur Paris-Roubaix, on rééquilibre un peu les choses, surtout avec l'arrivée de coureurs comme Filippo Ganna. Les pavés avantagent les coureurs plus grands et plus lourds ; la puissance pure compte davantage, et Tadej n'a pas la même vitesse de pointe que ces grands gabarits, c'est pourquoi il doit privilégier les ascensions ». Et sur Paris-Roubaix, il n'y en a pas...