Un temps coéquipiers en équipe de France, ils ont célébré le sacre des Bleus à l’Euro 2000 ensemble. Après leurs carrières respectives, l’un est devenu entraîneur lorsque l’autre a opté pour le costume de consultant. En 2018, Zinedine Zidane et Johan Micoud ont signé des sorties médiatiques salées par médias interposés suite à la qualification polémique du Real Madrid en demi-finales de la Ligue des champions. Retour sur l’épisode en question.

Un soir d’avril 2018, un scandale arbitral éclatait au Santiago Bernabeu. Une semaine plus tôt dans le cadre du quart de finale aller de la Ligue des champions, la Juventus s’inclinait à domicile face au Real Madrid qui était double champion d’Europe en titre (0-3). Au terme de cette soirée, tout portait à croire que la Casa Blanca allait valider, de manière tranquille, son billet pour le dernier carré de la Ligue des champions pour la troisième année consécutive. C’était sans compter sur la réaction d’orgueil de la Vieille Dame en terres madrilènes. Les Turinois ont rendu la pareille aux Merengue en marquant également à trois reprises sans encaisser le moindre but. Toutefois, dans le temps additionnel de la seconde période qui précédait des prolongations, l’arbitre central Michael Oliver sanctionnait Medhi Benatia d’une faute sur Lucas Vazquez. Penalty transformé par Cristiano Ronaldo. Score final : 3 buts à 1 pour la Juventus, mais qualification du Real Madrid.
Un scandale arbitral dénoncé par la Juventus dans la foulée de l’élimination en Ligue des champions contre le Real Madrid en 2018
Une décision qui a animé les débats en zone mixte avec les déclarations de l’auteur de la faute qui évoquait un « vol ». Même son de cloche que Medhi Benatia pour son ex-entraîneur Massimiliano Allegri qui avait qualifié le penalty de « pas clair ». Comme rapporté par Le Parisien, Cristiano Ronaldo avait validé la décision de Michael Oliver : « Si le défenseur n'avait pas commis (de faute), Lucas aurait marqué. Il le charge par-derrière ».
L’accusation de corruption concernant le Real Madrid signée Johan Micoud : «chaque année ça tourne du côté du Real»
Ce choix arbitral n’a pas simplement fait réagir les acteurs concernés. Il en a été de même dans les émissions spécialisées. Désormais ex-consultant du programme L’Équipe du soir sur la chaîne L’Équipe, Johan Micoud avait pesté à l’antenne. Selon son ressenti, le Real Madrid entraîné par Zinedine Zidane avait une fois de plus été avantagé par le corps arbitral « comme chaque année ». Voici les propos tenus par le principal intéressé dans la foulée de ce quart de finale retour de Ligue des champions en 2018. « C’est chaque année la même histoire avec le Real. Chaque année, on peut arrêter la Ligue des champions, leur donner le trophée et ils le fêtent dès le mois de septembre et on en parle plus. Je me mets à la place des joueurs de la Juve, c’est une désillusion terrible. Les éliminer comme ça à 10 secondes de la fin, il faut vraiment qu’il y ait une énorme faute. Pour moi, il n’y a pas faute. Je suis dégoûté, j’adore le football mais quand c’est fait de cette manière là, ça m’écœure et chaque année ça tourne du côté du Real, vous pouvez me dire ce que vous voulez ».
Zinedine Zidane répliquait : «c’est une honte quand on parle de vol»
A plus de mille kilomètres des locaux de L’Équipe, Zinedine Zidane réagissait à Madrid en conférence de presse en sa qualité d’ex-coach de l’équipe première des Merengue. Et force est de constater que le nouveau sélectionneur de l’équipe de France n’avait pas apprécié la sortie médiatique de son partenaire chez les Bleus lors du sacre à l’Euro 2000 notamment. « Je suis indigné. C’est une honte quand on parle de vol. C’est ce qui me déçoit. Je suis très déçu, très remonté, par ce qui se dit. Pas juste sur le penalty. On peut dire "penalty, pas penalty", chacun son interprétation. L’arbitre a décidé qu’il y avait penalty. Pour moi, il y avait penalty. Pour d’autres, il n’y avait pas penalty. Mais tout ce qu’on peut dire derrière, qu’on n’a qu’à nous donner la Ligue des champions au mois de septembre, qu’on n’a qu’à faire ceci ou cela… Mais voyons, il faut arrêter ! Ce n’est pas normal qu’on puisse donner une tribune à des gens qui disent des choses pareilles. Nous, on bosse, on travaille. On fait tout ça pour essayer d’être prêt, d’être bon. Quand on a dit qu’on a volé la qualification, je ne le supporte pas ».