Pour sa première conférence de presse comme sélectionneur de l’équipe de France, Zinédine Zidane n’a pas échappé au sujet brûlant de l’élection présidentielle à venir en 2027. Contrairement à Teddy Riner ou Kylian Mbappé, l’ancien meneur de jeu ne compte pas prendre parti, une position saluée sur CNews.

À moins d’un an de l’élection présidentielle, certains sportifs n’hésitent pas à prendre position. C’est notamment le cas de Teddy Riner, partageant cette semaine dans l’émission Stade 2 La Quotidienne son inquiétude sur la progression de l'extrême droite en France. « Ce qui m'angoisse c'est la tournure que prend le pays, a reconnu le quintuple champion olympique. Ça m'angoisse, même moi sportif de niveau. Ça m'angoisse de voir tout ça, la montée des extrêmes. Ça me fait flipper. » En 2024, Kylian Mbappé s’était quant à lui dit « contre les extrêmes, contre les idées qui divisent » avant les élections législatives. « On voit bien que les extrêmes sont aux portes du pouvoir. J’appelle tous les jeunes à aller voter, à prendre conscience de l’importance de la situation. J’espère que ma voix va porter un maximum », déclarait le capitaine des Bleus.
Des avis tranchés critiqués par une partie du pays. Certains grands noms du sport préfèrent ainsi rester en retrait du débat politique, comme Léon Marchand, désireux de « rester loin de tout ça » lors de son passage sur le 20 Heures de France 2. Ce qui ne l’a pas empêché, lui non plus, d’être la cible de violentes attaques sur les réseaux sociaux. Une position néanmoins partagée par Zinédine Zidane, interrogé ce vendredi sur son rôle en vue de la présidentielle 2027.
Zidane refuse de parler politique
« Moi je vais me consacrer à ma tâche, qui est celle du sélectionneur de l'équipe de France A, et ça ne va pas changer. Par contre j'ai des convictions, comme tout le monde. Je suis un citoyen, je pense des choses. Mais par contre après les partager... Chacun fait comme il veut, et sur ça j'ai rien à dire. Moi je vais essayer de me consacrer à cette tâche qui est sélectionneur de l'équipe de France », a assumé Zinédine Zidane, qui garde encore un mauvais souvenir de ses sorties contre le RN en 2002 et 2017.
« Mon papa me disait toujours d’avoir un avis de citoyen, mais que je n’avais pas besoin de le faire partager à la terre entière »
« La politique ? C’est un métier. J’avais d’ailleurs eu une première et mauvaise expérience par rapport à une position que j’avais prise. Mais les gens ne s’imaginent pas ce que cela déclenche derrière, s’était justifié Zidane en 2022, auprès de L’Équipe. Tu reçois de ces messages… Mon papa m’a toujours dit quand j’étais jeune : “C’est quoi, toi ? Le foot. Alors parle seulement de foot. Tant que tu veux !” Il me disait toujours d’avoir un avis de citoyen. Mais que je n’avais pas besoin de le faire partager à la terre entière. Mon papa a toujours raison ».
« Zidane n’est pas porte-parole de tel ou tel parti »
Ce samedi sur CNews, le journaliste Eliot Deval a salué la neutralité assumée du nouveau sélectionneur. « N’en déplaise aux militants journalistes, il ne jouera pas un rôle dans la campagne présidentielle. Non, Zidane n’est pas porte-parole de tel ou tel parti. Zinédine Zidane a des convictions, par le passé il s’est exprimé à ce sujet, mais son nouveau rôle, son nouveau statut, sa mission, est tout autre aujourd’hui. Zidane n’ouvre pas la boîte de pandore, faire de chaque conférence de presse un meeting politique. Une situation qui a viré à l’insupportable pendant les législatives anticipées en plein Euro de football, a-t-il rappelé dans son édito dans L’Heure des Pros. Comme Léon Marchand, Zinédine Zidane privilégie une forme de discrétion, de pudeur. Unir, plutôt que cliver. La question est désormais de savoir si, comme pour Léon Marchand, les extrémistes de gauche vont s’attaquer à la légende Zidane comme ils s’en sont pris au nageur français. »
Et Eliot Deval de conclure : « Entendons-nous bien, qu’un artiste, un sportif, affiche ses convictions politiques, c’est tout à fait son droit. Que ces derniers n’entrent pas sur le terrain politique l’est tout autant. Zidane a offert une leçon à la presse. »