«Un moment fou de ma vie» : Zidane a pris son téléphone pour convaincre une figure de l’équipe de France de le rejoindre
Bernard Colas -
Journaliste
Passionné de sport, de cinéma et de télévision (à l’écran comme derrière) depuis son enfance, Bernard est journaliste pour le 10 Sport depuis 2018. Plus habile clavier en main que ballon au pied, il décide de couvrir principalement un sport adulé, critiqué et détesté à la fois (le football) et un sport qui n’en est pas un (le catch).

Passé sur le banc du Real Madrid entre janvier 2016 et juin 2018, puis entre mars 2019 et juin 2021, Zinédine Zidane a d’abord occupé des fonctions au sein de la direction madrilène avant de prendre la tête de l’équipe première. A l’époque, le Français avait ainsi joué un rôle décisif dans l’arrivée de Raphaël Varane.

Nommé à la tête de l’équipe de France en lieu et place de Didier Deschamps après la Coupe du monde en Amérique du Nord, Zinédine Zidane s’est réjoui de pouvoir réaliser son rêve lors de son intronisation. « J’ai eu les opportunités de prendre des projets de club je savais que DD (Didier Deschamps) était là, mais j’étais prêt à prendre la suite quand il partirait. J’ai passé ces quatre, cinq dernières années à attendre ce jour-là, je suis assez ému et excité. » L’ancien meneur de jeu l’a confirmé, « la seule chose que je voulais faire après Madrid c’était entraîner l’équipe de France. » Durant son passage dans la capitale espagnole, le Ballon d’Or 1998 a rencontré le succès avec notamment trois sacres en Ligue des Champions. Zidane a également permis au président Florentino Pérez de mettre la main sur un joueur décisif dans cette période dorée.

L’arrivée de Varane au Real Madrid permise grâce à Zidane

Arrivé chez les Merengue en 2011, Raphaël Varane (360 matches) a en effet opté pour le mastodonte espagnol grâce à l’intervention de Zinédine Zidane, revenu au Real Madrid comme conseiller de Florentino Pérez en 2009 avant d’être nommé directeur sportif. A l’époque, un autre cador européen était alors sur le point de rafler la mise, Sir Alex Ferguson débarquant dans le domicile familial pour boucler sa signature à Manchester United. « Ce fut un choc, s’était souvenu l’ancien défenseur en 2021, dans un entretien accordé au Telegraph. Pour être honnête, j'attendais dans ma maison et je regardais par la fenêtre pour voir s'il venait vraiment. Quand il est venu, je ne parlais pas anglais. Ma mère parle un anglais parfait, c'est donc elle qui parlait le plus avec lui. C'était une discussion sur la façon dont il me voyait, comment il pouvait avoir un projet avec moi et comment il pouvait m'aider à grandir en tant que personne et joueur. C'était très, très intéressant et une très grande expérience pour moi. » Mais Sir Alex Fergusen n’a pas fait le poids face à Zinédine Zidane.

« Zizou m'a appelé et le transfert s'est accéléré très rapidement »

« Zizou m'a appelé et le transfert s'est accéléré très rapidement. Je suis allé à Madrid, j'ai parlé avec Mourinho, je suis rentré en France puis j'ai passé l'examen du baccalauréat le lendemain de ma rencontre avec Mourinho, avait confié l’homme aux 93 sélections en équipe de France. Ce fut un moment fou de ma vie. Je jouais avec l'équipe première à Lens et le club savait que je devais être vendu. Alors beaucoup d'agents m'ont appelé. J'étais très fatigué parce qu'il y avait beaucoup de choses à faire et à penser. Alors quand Zizou m'a appelé pour la première fois, j'étais vraiment occupé et je ne savais pas que c'était lui au début. Quand je l'ai reconnu, j'étais sous le choc. C'était fou, alors je lui ai demandé de me rappeler! »

« J'ai beaucoup appris de lui »

Quelques années après, Raphaël Varane évoluait sous les ordres de Zinédine Zidane, nommé entraîneur. « J'ai beaucoup appris de lui, même si on n'a pas toujours été d'accord sur tout. Il comprend vraiment bien les joueurs, il les a toujours défendus, il a toujours assumé les moments difficiles », confiait-il en 2024 dans les colonnes de L’Équipe, évoquant ensuite les quelques mésententes internes avec le nouveau sélectionneur : « au début, en 2016, je suis remplaçant. Je ne joue pas tous les matches, il m'a fallu me battre. Et me transformer. J'étais ultra-timide, et ceux qui me connaissaient ont dû se demander ce qui s'était passé pour que je devienne un leader, comme ça. Mais ce n'était pas pour exercer un pouvoir, seulement pour rendre meilleurs les autres, et c'était ma forme d'égoïsme : aider les autres, pour qu'on soit meilleurs, et moi aussi. J'ai besoin de fédérer, de mettre du ciment. Ma fierté est d'avoir réussi ça en restant au haut niveau, autant que les trophées. »

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